Cet article fait suite à cet article et est inspiré d’un article du New York Times.
Les forces américaines suspectent sérieusement et depuis un moment les services secrets pakistanais (ISI) de guider dans l’ombre l’insurrection afghane même si le Pakistan reçoit plus d’un milliard de dollars par an de Washington pour son aide dans le combat contre les rebelles talibans (information tirée des documents publiés par WikiLeaks).
Les documents rendus publiques par WikiLeaks montrent que le Pakistan, allié reconnu des États-Unis, permet à de hauts représentants de l’ISI de rencontrer les talibans lors de réunions stratégiques pour organiser les réseaux de rebelles combattant contre les forces américaines et même pour aider à l’assassinat de leaders afghans.
Nombre de ces informations ne peuvent être vérifiées et viennent probablement de sources afghanes qui considèrent le Pakistan comme un ennemi. Certaines attaques sont décrites alors qu’elles n’apparaissent pas comme avoir eu lieu. Cependant, beaucoup de ces rapports viennent de sources que l’armée américaine juge elle-même comme étant des sources fiables.
Les rapports suggèrent que l’armée pakistanaise joue un double jeu : l’ISI répond à certaines demandes de coopération de la part des américains tout en essayant d’étendre son influence en Afghanistan en aidant les réseaux d’insurgés à combattre les américains.
Plusieurs membres du congrès américain prétendent que malgré des demandes répétées au fil des ans pour avoir des informations à propos de l’aide du Pakistan aux insurgés, ils se sont vus répondre par de vagues et non concluants briefings de la part du Pentagone et de la CIA.
De telles accusations sont habituellement vigoureusement démenties par l’armée pakistanaise. Un porte-parole de l’ISI a annoncé dimanche qu’il n’y aurait pas de commentaire tant que les documents ne seront pas étudiés. L’ambassadeur pakistanais aux États-Unis, Husain Haqqani, a dit que « les documents publiés par WikiLeaks ne reflètent pas la réalité actuelle sur le terrain ».
Les officiels américains ont rarement publié des preuves sur des liens directs entre l’ISI et des attaques majeures. Mais en juillet 2008, Stephen R. Kappes de la CIA, confronta les officiels pakistanais à des preuves montrant que l’ISI a participé à l’attaque suicide meurtrière contre l’ambassade indienne à Kaboul.
Un des rapports publiés par WikiLeaks montre que les services secrets polonais avaient averti d’une attaque majeure contre l’ambassade indienne une semaine avant l’attentat. L’ISI n’était pas nommé dans ce rapport.
Un autre rapport daté d’août 2008 identifie un colonel de l’ISI en contact avec un haut responsable taliban pour l’assassinat du président afghan Hamid Karzai. Le rapport dit qu’il n’y a pas d’informations à propos de la date et des moyens mis en œuvre.
Le lieutenant général Hamid Gul dirigea l’ISI entre 1987 et 1989, une période durant laquelle les services secrets pakistanais et la CIA joignaient leurs forces pour aider les rebelles afghans qui combattaient l’armée soviétique en Afghanistan. Après l’arrêt des combats, il conserva tous ses contacts qui sont probablement devenus talibans.
Plus de 20 ans plus tard, il apparait que le général Gul est toujours en activité. Les documents indiquent qu’il a travaillé sans relâche pour réactiver ses anciens réseaux, employant des hommes comme Jaluluddin Haqqani et Gulbuddin Hekmatyar dont les réseaux de milliers de combattants sont responsables de nombreuses vagues de violence en Afghanistan.
Le général GUL est mentionné tellement de fois dans les rapports qu’il est impensable que l’ISI et l’armée pakistanaise actuelle ne puissent pas être au courant d’au moins quelques unes de ses activités.
Par exemple, un des rapport explique que Gul rencontra un groupe de militants à Wana, la capitale du Sud Waziristan en janvier 2009. Là-bas, il rencontra trois commandants insurgés afghans et trois arabes présentés comme des responsables d’Al Qaeda de par « l’important contingent de sécurité qui était avec eux ».
La rencontre est présentée comme une mise au point pour venger la mort de « Zamarai », nom de guerre de Osama al-Kini qui a été tué quelques jours auparavant par une attaque de drone menée par la CIA. Mr. Kini a dirigé des opérations d’Al Quaeda au Pakistan et a supervisé plusieurs des plus meurtrières attaques dans ce pays.
Plusieurs rapports décrivent comment d’actuels dirigeants de l’ISI, y compris le général Gul, visitent les madrasas près de la ville de Peshawar pour recruter des kamikazes, pour organiser des réseaux de combattants contre les troupes américaines ou pour préparer l’assassinat de leaders afghans.
Pour plus de détails et de compléments, lire l’article du New York Times.