To criticise or not to criticise ?

Il y a une chose pour laquelle on est très doué en France : c’est critiquer (dans le sens péjoratif du terme) ! En effet, j’étais hier sur des sites internet de journaux et magazines français sur lesquels il m’arrive régulièrement de lire les commentaires laissés par les visiteurs sur les articles. Et bien ces commentaires brillent par l’utilité inutile dont ils font preuve…

Que ce soit en politique ou dans un autre domaine, on a tous la critique facile… alors certes, vous allez me dire que ce n’est qu’en critiquant qu’on peut progresser et combler ses faiblesses. FAUX ! Et c’est là le problème chez nous, les français, en général : critiquer n’est une chose utile que si l’on propose des solutions pour pallier aux défauts que l’on critique.

Alors pour coller aux exemples que j’ai pu lire hier… il est fort aisé de critiquer la politique européenne de Nicolas Sarkozy (que l’on soit d’accord avec lui ou non) mais il est beaucoup moins aisé de proposer des solutions alternatives à sa méthode qu’il serait possible d’appliquer dans sa situation.

Et c’est là où je veux en venir. La raison de notre facilité à critiquer est que l’on ne fait pas la part des choses. Tout le monde sait tirer un bilan sur une situation générale donnée mais quasiment personne se demande s’il aurait fait mieux dans les mêmes conditions. En bref, il est plus facile de conclure lorsque le raisonnement a déjà été fait que d’introduire lorsque l’on est devant une feuille blanche. Et même s’il ne s’agit pas de tout redémontrer, qui a dit qu’une ouverture après une conclusion était une mauvaise chose ? Et c’est là que l’on prend conscience de la difficulté de critiquer utilement : une ouverture intéressante n’est jamais évidente à trouver !

Alors à tous ceux qui liront cet article : quand il vous arrivera de faire une critique négative sur quoique ce soit, demandez-vous si votre propos est utile, s’il fait avancer les choses, autrement dit, s’il fait plus que de tirer une conclusion.

À propos de Pierre Villard

--- http://www.ange-noir.fr/a-propos/
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6 réponses à To criticise or not to criticise ?

  1. MacGregor dit :

    Pas mal comme vision, ça manquen peut-être un peu de développement. Te connaissant tu pourrais tout aussi bien nous en faire un petit essai dans le style de « Déterminons le déterminé », ça pourrait être très intéressant… Il ne te manque que du temps pour le faire puisque tu as déjà les idées, peut-être aux vacances de Noël!
    Juste pour jouer l’avocat du diable, une critique positive passe pour un éloge et est donc peu constructif.
    Juste pour me contredire, il faut aussi des critiques positives pour savoir quels points sont appréciés et donc à garder.
    Cependant la critique négative est là pour signaler son désaccord, pour signifier qu’une mesure prise est peut-être à éviter à l’avenir, et on se construit non seulement par ce qu’on est mais aussi par ce qu’on est pas.
    Voilà de quoi t’amuser un peu.

    PS: j’attend une réponse critique…

  2. J’aime beaucoup ton Post Scriptum.

    Comme tu dis je n’ai pas beaucoup de temps pour vraiment écrire quelque chose de consistant dans le sujet d’où mon ouverture dans la catégorie « Réflexion ». Après les commentaires permettent comme tu le fais de construire cette réflexion.

    Dans mon article je ne me penchais que sur la critique négative. Mais en effet tu as raison en ce qui concerne l’éloge. Mais rien n’étant parfait, peut-on vraiment faire une éloge sans un « mais » dedans ? Tout peut être amélioré… (sauf si l’on veut flatter l’ego de son interlocuteur)

    Je suis d’accord pour ta dernière phrase et la construction de soi.

  3. Gontran dit :

    Tout d’abord bonjour cher ami. J’ai été très intéressé par cet article sur le bienfondé de la critique qui est souvent remis en cause comme tu le fais ici. Néanmoins j’ai une vision des choses un peu différente et voilà pourquoi.
    Tu affirmes que critiquer n’est une chose utile que si l’on propose des solutions pour pallier aux défauts que l’on critique c’est-à-dire que tu penses que seul ceux qui connaissent les réponses aux problèmes ( ou au moins ont quelques idées intéressantes ) ont le droit de porter une critique. Je veux te soumettre une situation qui m’arrive assez fréquemment : je suis au fond de la classe et avec mon voisin nous nous mettons en tête de chercher un exercice de maths (drôle d’idée c’est vrai!). Je réfléchi 5 minutes sans rien trouver ( rectification : très fréquemment! ) quand mon voisin se tourne vers moi et me propose sa solution. Je la regarde et je comprend qu’elle est fausse. Dois-je, 1) ne rien dire et le laisser dans son erreur parce que n’étant pas plus doué que lui je suis incapable de lui donner une solution potable ou 2) lui montrer son erreur sans ajouter rien de plus? Il semble évident que le 2) s’impose car le but d’une critique est seulement de s’approcher un peu plus de la vérité et c’est ce que je fais en éloignant mon camarade de l’erreur. Ma critique est utile même si je n’apporte rien, si je ne fais que « conclure » que son propos est érroné. Dieu soit loué il s’offusque rarement et nous recommençons à chercher.
    Alors c’est vrai que l’univers de la politique est différent de la vie quotidienne et il faut en tenir compte, néanmoins le raisonnement que tu fais me semble faux : même le plus ignorant d’entre nous doit avoir le droit de parler quand il lui semble voir un problème, même s’il ne peut pas résoudre dans la foulée le problème du réchauffement climatique, la pollution, terrorisme et le chômage. Pour moi, même une critique uniquement « négative » est utile.
    Toutefois je comprends ton agacement en ce qui concerne la critique politique : voir des gens qui semblent inactifs critiquer même à juste titre ceux qui agissent, quel toupet, il n’ont qu’à le faire eux-même! Mais c’est oublier qu’en politique, le but est de faire croire aux électeurs que ses idées sont supérieures à celles des autres, et non de s’approcher de la vérité ( chacun a déjà sa vérité toute prête ). Il n’y a donc pas de critique proprement dîtes mais seulement des combats qui ne sont pas des débats ( je n’est jamais vu dans aucune émission politique un intervenant se faire convaincre par son adversaire politique, ce qui devrait pourtant arriver quelques fois dans un vrai débat argumentatif, alternativement dans un sens puis dans l’autre ).Contrairement au cas de mon exemple, en politique, telle qu’on la voit dans les média, chacun veut affirmer sa vérité face à l’autre. C’est pourquoi je pense que le problème ne se situe pas dans la notion de critique, mais plutôt dans l’égocentrisme de l’homme politique (ou encore du journaliste engagé ou du militant trop enthousiaste) qui veut toujours avoir raison, et dont tu parles ailleurs.
    En bref, je ne considère pas le bienfondé d’une critique sur un critère quantitatif comme tu le fais, mais sur un critère qualitatif : la critique a-t-elle pour but de détruire l’autre ou de chercher la vérité et les vraies solutions à nos problèmes? Si ce n’est pas pour la première raison, alors elle est toujours utile. Je partage donc ici ton constat concernant la politique: la critique y est rarement utile, il ne faut pas s’en étonner car c’est une course aux bulletins de vote, et il ne nous reste plus qu’à en sourire. Remarquons toutefois que même si celui qui critique (actuellement de gauche) doit être blâmé s’il n’apporte pas de réponse aux problèmes des français (impardonnable s’il a l’ambition d’être un élu), son adversaire de droite utilise souvent cette argument (parfois même en abuse en caricaturant la gauche) pour cacher les insuffisances de ses propres idées).
    Ce thème de réflexion m’a paru important pour commencer nos discussions sur ce blog car je me donne ainsi le droit de critiquer tout ce qui sera écrit dessus, bien sûr dans le but d’enrichir les débats (j’espère que la démarche sera réciproque). J’en profite pour te remercier et te féliciter pour ce blog qui me semble être un excellent moyen de discussion: ça permet d’avoir le temps de construire des raisonnements interéssants (avantage de l’écrit) tout en gardant l’interactivité de la parole. Donc merci à toi, tous mes voeux pour le blog et coucou à MacGrégor.

  4. Salut Gontran ! (T’as accès à Internet ?)

    Pour commencer, c’est un plaisir de te voir ici pour poursuivre nos petits débats à propos de sujets toujours relativement intéressants. Je suis content de voir que le blog te plaise et qu’il convienne à tes attentes. Merci, pour les vœux, je te souhaite, bien entendu, une aussi bonne année à toi qu’à moi ! Et enfin, je te remercie d’avoir apporter ta contribution (non négligeable !) sur ce sujet qui me semble important.

    Maintenant, venons en justement à ta réponse. Je pense que l’on est entièrement d’accord en fin de compte. C’est peut-être simplement un souci d’expression de ma part (c’est souvent le cas…). En fait cet article faisait suite à la lecture de commentaires sur un journal web que je ne citerai pas. Il s’agissait d’un article politique en effet. Dans ce fameux cas, ce qui me déconcertait plus que tout, c’est que 90% des commentaires critiquaient la personne et non les idées ou les faits présentés dans l’article. Donc effectivement, il faut probablement plus voir mon article sous l’angle politique de la chose.

    Mais cela mérite tout de même un ajustement. Car lorsque je viens à critiquer, j’ai rarement la solution du problème. En fait, ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas critiquer en se contentant de dire qu’il y a un problème, de faire un constat. Par contre la critique qui présente le problème en mettant le doigt sur ce qui ne va pas est la bienvenue, et mieux, fortement appréciée ! Car en effet, la solution d’un problème est rarement simple…

    Par conséquent, pour reprendre ton exemple (dans lequel je m’identifie sans problème !), la solution 2 n’est pas le genre de critique que je condamne, au contraire puisqu’elle ne se contente pas de dire qu’il y a erreur mais de montrer où est l’erreur. C’est une nuance importante !

    Sur ton développement sur l’aspect politique, je pense que l’on se rejoint totalement en tenant compte de ce que je viens de préciser ci-dessus.

    « En bref, je ne considère pas le bienfondé d’une critique sur un critère quantitatif comme tu le fais, mais sur un critère qualitatif : la critique a-t-elle pour but de détruire l’autre ou de chercher la vérité et les vraies solutions à nos problèmes? Si ce n’est pas pour la première raison, alors elle est toujours utile. » Je pense que tu as effectivement mieux présenté la conclusion à laquelle je voulais venir.

    « Remarquons toutefois que même si celui qui critique (actuellement de gauche) doit être blâmé s’il n’apporte pas de réponse aux problèmes des français (impardonnable s’il a l’ambition d’être un élu), son adversaire de droite utilise souvent cette argument (parfois même en abuse en caricaturant la gauche) pour cacher les insuffisances de ses propres idées). » Entièrement d’accord. D’ailleurs il y a des exemples récents de critiques venant de la droite totalement pitoyables et montrant à quel point nos « politiciens » ne font pas de la politique. Je pense, au hasard, à Lefebvre lors des difficultés internes au PS.

    Voila pour le moment !
    En espérant te revoir très vite.

  5. MacGregor dit :

    C’est … distrayant quand vous vous éclatez tous les deux à vous pondre des romans en ligne, j’imagine déjà les futures vacances!!!
    Non, je viens de lire vos deux commentaires et j’y trouve un très bon complément à l’article de Pierre. Bon exemple Gontran, bien qu’ayant quitté cette secte taupinale, j’en connais encore les tenants; tous mes voeux pour ceyye année difficile!
    Juste une petite – et possible – conclusion, car en fait partout où il y a ne serait-ce que jugement, il y a critique, or le jugement est une opinion, et qui n’a pas d’opinion sur un sujet devrait essayer de s’en forger une, ça peut toujours etre utile, ne serait-ce que pour son enrichissement personnel (Pierre je sais que c’est pourtant mon cas en ce qui concerne ton dernier sondage, mais justement j’y travaille).
    Sur ce faut que je prépare mes affaires pour un WE au ski (c’est totalement hors sujet et rageant pour vous, mais une petite boutade…, allez, vous pouvez critiquer mon humour!)
    PS Salutation bien bas Gontran

  6. Mjstout dit :

    Banal cet article.
    Lol

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