Le Président de la république, Nicolas Sarkozy, vient de terminer son discours à propos de la lutte contre l’insécurité. Il en a profité pour parler de nouvelles mesures de sécurité prises au niveau des milieux scolaires. Voici dans un premier temps le discours en question, puis vient ensuite un résumé du sujet qui nous concerne et enfin mon opinion :
Avant d’en venir à mon opinion, voici un rapide aperçu des grandes lignes en question :
- Autorisation de faire fouiller le sac des élèves : « Les personnels de direction et d’encadrement des établissements scolaires seront habilités à faire ouvrir les cartables des élèves. »
- Mise en place d’une brigade scolaire : pour « épauler sur un plan pédagogique les chefs d’établissement en cas de difficulté ponctuelle relative à la discipline dans un lycée ou collège », ces équipes compteront des « policiers à la retraite » et « des personnes volontaires formées et qualifiées, sur la base d’un test d’aptitude physique et morale », « à l’image des pompiers volontaires. »
- Mise en place de portiques de détection d’armes : « Il est regrettable d’en arriver là mais comment agir autrement ? »
- Réajustement de la législation : « Les violences commises sur un agent de l’éducation constitueront une circonstance aggravante », dans l’établissement « mais aussi à l’extérieur si l’agression est en lien avec la fonction de la victime. »
- Élaboration d’un diagnostic de sécurité spécial : dans « 184 établissements parmi les plus sensibles » avec des mesures adaptées de « protections contre les intrusions. »
- Renforcement de la vidéo-surveillance : « L’objectif immédiat est de mettre en place 75 systèmes municipaux types et d’assurer, là où c’est nécessaire, la protection des établissements scolaires. »
Bon et bien, ce que l’on peut dire dans un premier temps, c’est qu’il n’y a rien de bien nouveau dans cette histoire… Notre gouvernement traite les problèmes en ne prenant pas la peine de regarder plus loin que la limite donnée du mandat : « Si les délinquants s’adaptent, nous allons nous adapter ». C’est bien gentil ça, mais c’est comme si l’on considérait une arrivée d’eau dont on veut arrêter l’écoulement : il ne suffit pas de mettre un sceau en-dessous, car cela ne serait qu’une solution très temporaire, il faut fermer le robinet !
Bref il faut prendre le problème à sa source même si c’est là que c’est le plus difficile et même si c’est là qu’il est nécessaire de produire un effort sur le très long terme. En ce qui me concerne, je pense que le problème d’origine vient dans une très très large mesure de l’éducation parentale : les parents d’aujourd’hui, et ce depuis l’époque post-68, veulent révolutionner la manière dont on éduque un enfant. Il faudrait qu’il découvre ses limites par lui-même, qu’il s’épanouisse sans contrainte et sans effort. Bref, l’enfant doit appréhender le monde qui l’entoure par lui-même. Mais quand on voit la tournure que ça prend… bonjour les dégâts pour les prochaines générations si l’on ne change pas de point de vue. Je ne dis pas que Mai 68 a été une erreur, non, mais je pense qu’il y aurait un juste milieu en ce qui concerne l’éducation parentale et les obligations qui incombent aux jeunes parents.
Aujourd’hui le corps enseignant se retrouve avec la charge supplémentaire de devoir apprendre des notions aussi fondamentales que le respect à des enfants qui ne connaissent pas de limite lorsqu’ils sortent de l’enceinte scolaire… autrement dit, mission impossible ou presque. Et avec un tel scénario, génération après génération, cela s’aggrave de plus en plus de manière géométrique… Bref il serait temps de remettre les pendules à l’heure et de ne pas se voiler la face : faire en enfant engrange des responsabilités et des devoirs énormes… c’est difficile !
D’ailleurs, histoire de faire une petite parenthèse, je pense que ce problème global d’éducation parentale est à l’origine directe ou indirecte d’une très grande partie des problèmes de société de que l’on peut rencontrer aujourd’hui : insécurité, niveau scolaire en baisse, important chômage chez les jeunes, etc. Bref s’il y avait bien un endroit où il faudrait investir, ce serait sans hésiter celui-là !
Bon maintenant, vous allez me dire que je suis bien gentil mais quelles mesures prendre dans tout ça ?
Effectivement, c’est là que ça se corse sérieusement… Entre les parents qui ne souhaitent pas que l’État intervienne directement dans leurs manières d’éduquer leurs enfants (même si au final c’est le cas puisque c’est l’école qui s’en charge mais seulement à temps très partiel !) et la manière très délicate dont on pourrait établir une « bonne » façon d’éduquer un enfant… Bref c’est délicat…
Dans un premier temps, on peut penser à la prévention, au dialogue, à la discussion avec les nouveaux parents lorsque la mère vient d’accoucher. Il existe d’ailleurs de tels services. Revoir le contenu de ces services et les rendre obligatoires pourrait être une première mesure. Car il semble évident qu’il vaut mieux prendre contact avec les parents le plus tôt possible : juste après l’accouchement (pendant la grossesse ?).
Dans un deuxième temps, on peut penser aux aides fiscales pour les parents dont la situation financière est délicate. Je ne suis pas vraiment partisan de cette option quand on connait les abus qu’il peut y avoir… Cela pourrait être cependant traité au cas par cas, après demande des parents, par un service spécial basé sur le principe des services sociaux.
Qu’on se le dise bien, lorsque l’enfant arrive en maternelle, c’est bien souvent trop tard pour rattraper le tir… c’est comme une maison : quand les fondations sont mauvaises, on évite d’aller plus loin si on veut échapper aux problèmes ! Donc une fois que l’enfant entre dans le système scolaire, c’est déjà trop tard : il faut avoir une action dès le début. Alors ensuite, il y a la possibilité de prendre des mesures radicales que tout le monde peut imaginer à sa guise… et il y a sûrement d’autres possibilités (je suis ouvert aux suggestions) que celles énoncées qui restent raisonnables. Par ailleurs, je sais pertinemment qu’il y aura toujours des cas particuliers, des enfants, qui s’en sortiront très bien sans tout cela… Heureusement d’ailleurs, un enfant n’est pas juste un objet (il serait peut-être d’ailleurs bon de le rappeler à certains !).
Bref pour revenir au discours de Nicolas Sarkozy, ce sont des paroles de politiciens dans le genre de ceux qui ne font pas de la vraie politique… En l’occurrence il ne voit pas sur le long terme… (Hors-sujet : c’est d’ailleurs pour cela qu’il fait l’énorme erreur de détruire le milieu de la recherche en France)
Voilà, voilà, il est l’heure d’aller manger, donc je vais m’arrêter ici. N’hésitez pas à réagir !


Que dire de plus? Dans l’ensemble, je suis d’accord avec toi.
Sarkozy va certes obtenir des résultats à court terme avec ce qu’il prévoit de mettre en œuvre, mais il ne traite pas la cause du problème, et c’est le reproche qu’on peut lui faire, mais l’inconvénient, c’est que traiter le problème à la base (c’est ce qu’il conviendrait de faire), comme tu le dis donne des résultats sur le long terme, et généralement, les politiques de nos jours voient sur le court terme (sans doute parce qu’ils prévoient trop à l’avance les élections).
Pour ce qui est la base du problème d’insécurité dans les écoles, je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est le résultat de l’éducation depuis Mai 68, de l’enfant roi. Il doit y avoir un juste milieu entre cette éducation, et celle d’avant Mai 68.
Je ferais un second poste pour discuter des solutions possibles.
On sent bien le prépa entrainé qui a traité le sujet de l’éducation post-68 des dizaines de fois en anglais
Mais il s’avère que c’est vrai
Je ne vois pas vraiment le rapport avec mai 68…. Ce n’est pas parce que des parents veulent laisser leurs enfants « découvir et appréhender le monde par eux mêmes » qu’ils ne vont pas lui inculquer de notions de respect, d’humanité,….
Ce serait même plutot le contraire je pense.
Et ce n’est de toute façon pas vraiment le problème, car les jeunes dont on parle ici sont des jeunes de banlieue dont les parent n’ont en général été que très peu influencés par mai 68,
Et je ne suis pas d’accord du tout sur l’idée qu’il est trop tard pour changer quoi que ce soit lorsqu’un enfant arrive en maternelle ! Il n’est jamais trop tard pour qu’un humain change, alors à 4 ans ! Tu pense vraiment que tu es conditionné pour toute ta vie par tes 4 premières années?…. Ce serait plutot dommage que ce soit le cas, et heureusement que ce ne l’est pas.
(bon j’ai une fiche synoptique à finir pour minuit donc j’ai lu ton billet un peu en diagonale, et merci en tout cas d’avoir mis ta fiche en ligne
Bonjour bloup.
Il y a clairement un rapport avec Mai 68 sur la manière d’éduquer ses enfants… manière qui a diamétralement changée et qui donne des résultats plus que mitigés. Pour ce qui est de laisser l’enfant à lui-même, je reste convaincu que cela ne lui permet pas de prendre en compte de la bonne manière certaines notions fondamentales.
Par ailleurs, même si le discours de Nicolas Sarkozy se concentre sur les milieux scolaires difficiles qui sont, en effet, en majorité en banlieue. Le problème d’éducation des enfants, lui, ne se limite pas géographiquement. Je n’habite pas en banlieue, et je peux te dire que le langage tenu par des élèves de qui sont en maternelles a de quoi faire peur.
Enfin, je ne dis pas que l’on ne peut pas changer une fois que l’on a quatre ans. Ceci dit, notre vie est grandement influencée par l’éducation qu’on reçoit et celle-ci se fait principalement avant la maternelle puisqu’après on rentre à l’école qui n’est pas un lieu censé nous éduquer mais plutôt nous instruire. Je fais principalement référence au livre de Fitzhugh Dodson intitulé « Tout se joue avant 6 ans ».