On a tous entendu parler des petites affaires entourant Berlusconi… Récemment la Cour constitutionnelle s’est érigée contre le Cavaliere en interdisant sa loi lui garantissant l’immunité. Cette semaine, Berlusconi n’a pas dit son dernier mot et lance un nouveau dispositif anti-juges « rouges ». Un projet de décret-loi a été déposé au Sénat. Le texte prévoit qu’un procès pour un crime ou un délit dont la peine prévue n’excède pas dix ans de prison ne pourra durer plus de deux ans par degré de juridiction (première instance, appel ou cassation), entre le début de la procédure et le rendu du verdict. Après deux ans et un jour, le crime est prescrit. Bien entendu, si cette loi passe, elle sera rétroactive et donc applicable à ce dont est accusé Berlusconi.
Le Syndicat de la magistrature a fait le point sur tous les procès en cours et a établi une liste des crimes concernés par cette « dépénalisation » : corruption, trafic d’influence, escroquerie simple ou aggravée, faillite frauduleuse, trafic de déchets, violence domestique, homicide par imprudence, faux et usage de faux, faux en écritures, fraude fiscale, contrefaçon, proxénétisme, faux témoignage, incendie volontaire, etc. Plusieurs tribunaux ont calculé combien de procès en cours seraient annulés dans le cas où la loi serait adoptée : 43% à Bologne, 60% à Florence, etc.
Faute de pouvoir décrocher l’immunité, Berlusconi tente purement et simplement de supprimer la notion même de crime.

