Berlin a décrété une interdiction formelle de certaines opérations de marché soupçonnées d’encourager la spéculation. Mesure renouvelable maintenue pour le moment jusqu’en mars 2011.
L’Allemagne renforce
sa lutte contre la spéculation et espère un front européen au prochain G20 sur la réglementation financière. Depuis mardi minuit, l’autorité allemande des marchés financiers (Bafin) a interdit jusqu’au 31 mars 2011 des opérations de marché complexes sur certains produits financiers accusés d’encourager la spéculation contre les pays les plus endettés de la zone euro. Cela a été justifié par «l’extraordinaire volatilité des titres de dette d’Etats de la zone euro» et des opérations spéculatives qui pourraient «mettre en péril la stabilité de l’ensemble du secteur financier».
Les marchés ont vivement réagi après cette décision. Wall Street a fini en net recul mardi, les Bourses européennes évoluaient en baisse mercredi et l’euro a atteint un nouveau plus bas niveau depuis 4 ans, sous 1,22 dollar. «Les marchés ont conclu que c’était un geste désespéré et que la crise de la dette en Europe pourrait encore empirer», selon des analystes de Commerzbank.
Tant que cette mesure n’est pas suivie, celle-ci reste plutôt symbolique puisque l’interdiction ne concerne par les succursales hors d’Allemagne et que Londres est la plaque-tournante des marchés financiers en Europe. Une réunion des ministres des Finances européens est prévue vendredi à Bruxelles. Il reste à espérer une coordination européenne au niveau des marchés financiers et de leurs législations.
La ministre française des Finances, Christine Lagarde, a bien entendu émis des réserves sur la mesure allemande et regretté que les «Etats concernés» n’aient pas été consultés… L’Allemagne s’est aussitôt défendue en rappelant que d’autres Etats dont la France avaient déjà interdit les ventes à découvert. «En anticipant sur une régulation au niveau européen que nous souhaitons, il existe toujours la possibilité pour un Etat d’agir dans son propre cadre».
Le gouvernement Merkel s’est engagé à davantage de réglementation financière d’ici au prochain sommet du G20 fin juin à Toronto (Canada), redorant son blason auprès d’une population hostile à payer pour des Européens manquant de rigueur. Plus que compréhensible !

