Voici un article pour vous présenter l’IMMI (Icelandic Modern Media Initiative) dont j’avais brièvement parlé dans un article sur WikiLeaks. Il s’agit ici d’une introduction sur un projet de loi islandais pour transformer le pays en une sorte de paradis fiscal de l’information. Et ce afin de protéger l’identité des sources que peuvent avoir les médias. Tout ce qui suit est tiré de la page « introduction » du site de l’IMMI. Plus d’informations suivront dans de prochains articles.
L’IMMI pose les bases pour la libre expression dans l’ère du numérique et peut être le catalyseur de ce genre de réformes législatives dont les démocraties du 21ème siècle auront besoin.
Index on Censorship
Je suis fière de conseiller l’IMMI dans sa proposition de créer un paradis international et protégé pour le journalisme d’investigation. Je crois que cette proposition est la meilleure voie pour encourager l’intégrité et la réceptivité des gouvernements à travers le monde, en incluant l’Islande. Dans mon travail d’investigation sur la corruption j’ai vu à quel point il est important d’avoir de solides mécanismes pour apporter l’information au public. L’Islande, avec ses courageux et indépendants habitants, semble être l’endroit idéal pour initier un tel effort vers une transparence et une justice sur l’ensemble de la planète.
Eva Joly
L’Islande se trouve à un carrefour unique. Suite à la crise économique dans le secteur bancaire, un sentiment profond traverse la population sur la nécessité fondamentale d’un changement dans le but d’empêcher à l’avenir que de tels évènements se reproduisent. Dans un tel moment, il est important de chercher une vision collective et cohérente de l’avenir qui permettra de rapprocher le peuple et le gouvernement.
Le 17 février, une résolution parlementaire a été déposé au parlement islandais suggérant que l’Islande devrait se positionner sur une position légale permettant de protéger les libertés d’expression et d’information. Cette suggestion a été accueillie avec enthousiasme à la fois par le parlement et par ceux qui sont touchés par cette réforme.
Selon Reporters sans Frontières, l’Islande est passée de la première place en 2007 à la neuvième place en 2009 en matière de protection de la liberté d’expression. Il est temps de corriger le tir.
Le but de la proposition de l’IMMI est de charger le gouvernement de trouver des moyens de renforcer la liberté d’expression à travers le monde et en Islande, en fournissant d’importantes protections pour les sources médiatiques et les informateurs. Dans cet objectif, l’environnement légal doit être exploré de telle sorte que les objectifs puissent être clairement définis, et que des changements de lois ou de nouvelles lois puissent voir le jour. La législation des autres pays doit être également prise en compte dans le but de créer les meilleures lois pour faire de l’Islande le leader des libertés d’expression et d’information. Nous ressentons également qu’il est grand temps d’établir le premier prix international islandais : le Prix Islandais pour la Liberté d’Expression.
Cette proposition n’est pas rattachée à un unique groupe ou à un parti politique mais doit être considérée comme un vaste projet où tous les parlementaires peuvent trouver un terrain de réconciliation dans le but de surpasser les actuelles complications au sein de la nation avec quelque chose à accomplir ensemble.
Nous avons déjà été en relation et avons partagé cette proposition avec de divers groupes d’intérêts qui pourraient être concernés par cette proposition que ce soit dans l’industrie, les médias ou la société. Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons eu que des retours positifs à tous les niveaux.
Un intérêt certain s’est développé au sein de la presse étrangère suite à cette proposition législative, peut-être parce qu’à travers le monde la liberté d’écrire des article est de plus en plus étouffée. Dans leur esprit, l’Islande pourrait devenir l’antidote pour créer un refuge : un paradis de l’information.
Les suggestions présentes dans la proposition pour un ensemble de lois transformeraient considérablement les possibilités dans de nombreux domaines. L’Islande pourrait devenir l’endroit idéal pour des médias internationaux sur Internet ou pour les éditeurs afin d’enregistrer des entreprises de services, des start-ups, des bases de données ou des associations pour les droits de l’homme. Cela pourrait être un levier pour l’économie et pour créer de nouveaux secteurs d’activité.
Si cette proposition devient une réalité, cela pourrait améliorer la démocratie et la transparence en Islande, en faire la terre d’accueil de l’information tout en améliorant la position de l’Islande au sein de la communauté internationale.
A venir : les détails de la proposition…

