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	<title>L&#039;Ange Noir &#187; Etats-Unis</title>
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	<description>Blog de Pierre Villard &#62;&#62; endroit où vous trouverez tout le bordel de ma vie numérique, et plus encore...</description>
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		<title>Cyber-attaque, la nouvelle déclaration de guerre</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2011 19:19:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 2007, l&#8217;Estonie devient le premier pays à avoir été la cible d&#8217;attaques cybernétiques en subissant de nombreuses attaques contre des services de Défense et les infrastructures informatiques du pays. Ainsi les attaques informatiques contre des pays sont désormais une &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2011/03/03/cyber-attaque-la-nouvelle-declaration-de-guerre/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2007, l&#8217;Estonie devient le premier pays à avoir été la cible d&#8217;attaques cybernétiques en subissant de nombreuses attaques contre des services de Défense et 
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</a>
les infrastructures informatiques du pays. Ainsi les attaques informatiques contre des pays sont désormais une menace connue et identifiée depuis presque 4 années. Durant toute cette période, l&#8217;Estonie n&#8217;a cessé de se battre pour voir reconnue officiellement ce genre d&#8217;attaque par l&#8217;OTAN. En effet, l&#8217;OTAN ne reconnait pas pour l&#8217;instant la cyber-guerre, et l&#8217;obligation de défense mutuelle au sein de l&#8217;Alliance. Pourtant, de nombreuses armées se dotent d&#8217;unités capables de réaliser de telles attaques. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pourquoi la reconnaissance par l&#8217;OTAN de la cyber-guerre pourrait être à double tranchant à l&#8217;image des attaques américaines contre les ordinateurs liés au programme nucléaire civil iranien.</p>
<p>Cet article n&#8217;a pas la prétention d&#8217;apporter des explications exhaustives sur la cyber-criminalité, cet article essaye seulement de vous donner un aperçu général de l&#8217;évolution de l&#8217;image des attaques cybernétiques dans le paysage de la géopolitique.</p>
<p><strong>Partie I : Il était une fois l&#8217;Estonie&#8230;</strong></p>
<p>On peut trouver trouver des informations sur les attaques subies par l&#8217;Estonie dans trois des câbles publiés jusque là par Wikileaks : un câble du 4 juin 2007 (<a href="http://wikileaks.ch/cable/2007/06/07TALLINN366.html" target="_blank">07TALLINN366</a>), un câble du 6 juin 2007 (<a href="http://wikileaks.ch/cable/2007/06/07TALLINN375.html" target="_blank">07TALLINN375</a>) et un câble du 22 septembre 2008 (<a href="http://wikileaks.ch/cable/2008/09/08TALLINN326.html" target="_blank">08TALLINN326</a>). Il y a fort à parier que d&#8217;autres câbles sur ce sujet seront publiés dans les mois à venir. En effet le sujet est extrêmement sensible et risque d&#8217;être un sujet d&#8217;actualité fréquent dans le futur.</p>
<p>Voilà ce qu&#8217;il faut retenir de ces câbles. <strong>Les attaques ont commencé le 27 avril 2007 et pendant plus d&#8217;un mois, les sites estoniens du gouvernement, des banques et des médias ont subi des attaques les rendant inaccessibles.</strong> Se protéger contre ces attaques a été extrêmement couteux que ce soit pour le gouvernement de l&#8217;Estonie ou pour les entreprises ciblées du secteur privé.</p>
<p>Pour avoir plus de détails techniques sur la nature de ces attaques, il vaut mieux se reporter directement à la lecture des câbles. Cela étant, il est dit dans les câbles qu&#8217;étant donnés les moyens très sophistiqués utilisés lors de ces attaques, seul un groupe organisé disposant d&#8217;un large soutien financier a pu procéder à une telle action. Il est largement admit par le gouvernement d&#8217;Estonie et par plusieurs experts en sécurité cybernétique qu&#8217;<strong>un réseau de pirates russes mené et financé par le Kremlin est à l&#8217;origine de ces attaques</strong>.</p>
<p>Durant les attaques, ces pirates utilisèrent des blogs russes pour inviter des &laquo;&nbsp;pirates patriotiques&nbsp;&raquo; à les aider à punir l&#8217;Estonie pour la décision du gouvernement estonien de déplacement un monument se rapportant à la seconde guerre mondiale. Il n&#8217;y avait rien à faire de plus que de cliquer sur quelques liens pour participer à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_par_d%C3%A9ni_de_service" target="_blank">ces attaques par déni de service (DoS)</a>.</p>
<p>La défense adoptée par l&#8217;Estonie durant ces attaques a d&#8217;abord été d&#8217;augmenter les capacités de trafic des sites internet pour faire face au flux massif de connexions. En dernier ressort, il s&#8217;agit de détourner les connexions vers le réseau extérieur, ce qui revient en quelque sorte a débrancher l&#8217;Estonie de l&#8217;internet. Dans le cas des attaques de 2007, c&#8217;est un simple technicien qui a décidé de lui-même de couper l&#8217;accès internet du pays pour faire face à l&#8217;attaque.</p>
<p><strong>Partie II : &#8230; et la Géorgie.</strong></p>
<p>Durant les mois de juillet et août 2008, c&#8217;est la Géorgie  qui a subi des attaques cybernétiques. A vrai dire, ces attaques ont précédé l&#8217;attaque militaire perpétrée par l&#8217;armée russe le 8 août 2008 dans l&#8217;Ossétie du Sud et la région d&#8217;Abkhazie. Cela a commencé le 21 juillet par des attaques de déni de service contre le site présidentiel géorgien. Durant cette vague d&#8217;attaques, le gouvernement d&#8217;Estonie n&#8217;a cessé d&#8217;apporter son soutien à la Géorgie, et a ranimé le débat au sein de l&#8217;OTAN et de l&#8217;Union Européenne sur le sens à donner à ces attaques.</p>
<p>La réponse du gouvernement estonien a été faite sur trois niveaux :</p>
<ul>
<li>Apporter une expertise complète de la situation,</li>
<li>Penser aux questions légales sur la manière de caractériser et de punir la cyber-guerre,</li>
<li>Planifier une stratégie défensive avec des réponses institutionnelles à la cyber-guerre.</li>
</ul>
<p>Par ailleurs, les experts estoniens envoyés en Géorgie, en plus du soutien financier et humanitaire lors de cette crise, ont remarqué que les attaques subies par le pays étaient plus sophistiqués que celles perpétrées contre l&#8217;Estonie un an auparavant. Il a également été notifié que dans le domaine de la défense contre la cyber-criminalité, la Géorgie a beaucoup de retard. Cependant, ils n&#8217;ont pas perdu de temps en essayant de protéger les sites du gouvernement mais ont eu le réflexe d&#8217;héberger les sites ciblés sur des domaines appartenant à l&#8217;Estonie ou aux États-Unis le temps que l&#8217;attaque soit terminée. D&#8217;après les experts, cela n&#8217;aurait pas pu être réalisé sans les leçons apprises suite aux attaques subies par l&#8217;Estonie en 2007.</p>
<p>Le constat de l&#8217;un de ces experts, rapporté dans le câble de 2008, est que les gouvernements essayent de combattre localement une menace qui vient de partout. De par leur nature, les cyber-attaques demandent à la fois un temps de réponse rapide et un haut niveau de confiance au sein de ceux qui organisent la défense&#8230; Cela semble malheureusement très difficile à envisager sur le plan international.</p>
<p><strong>Partie III : Comment légiférer sur la cyber-guerre ?</strong></p>
<p>L&#8217;analyse proposée par les experts estoniens débouche sur deux grandes questions :</p>
<ul>
<li>Une cyber-attaque peut-elle influer sur le niveau de sécurité d&#8217;un pays ?</li>
<li>Comment associer l&#8217;attaque à la responsabilité d&#8217;un état qui pourrait faire l&#8217;objet d&#8217;une réponse judiciaire ou militaire ?</li>
</ul>
<p>La situation est extrêmement compliquée car les états demandent à des compagnies privées de mener les attaques. Ainsi, les gouvernements peuvent nier toute implication dans cette cyber-criminalité. Les auteurs du rapport déposé par l&#8217;Estonie se penchent sur la formulation de l&#8217;article V du traité de l&#8217;OTAN :</p>
<blockquote><p><em>Les parties conviennent qu&#8217;une attaque armée contre l&#8217;une ou plusieurs  d&#8217;entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée  comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence  elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d&#8217;elles,  dans l&#8217;exercice du droit de légitime défense, individuelle ou  collective, reconnu par l&#8217;article 51 de la Charte des Nations Unies,  assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt,  individuellement et d&#8217;accord avec les autres parties, telle action  qu&#8217;elle jugera nécessaire, y compris l&#8217;emploi de la force armée, pour  rétablir et assurer la sécurité dans la région de l&#8217;Atlantique Nord. Toute  attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence  seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité.  Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les  mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité  internationales.</em></p></blockquote>
<p>En considérant le but poursuivi par les attaques, les conséquences matérielles, les pertes humaines (dans le cas où les attaques perturberaient les systèmes d&#8217;urgence pour organiser des secours) et la responsabilité d&#8217;un état pour ces attaques, alors le rapport affirme qu&#8217;il y a une base solide pour recourir à l&#8217;article V du traité et demander éventuellement une réponse militaire.</p>
<p>Dans la câble de 2008, il est dit que le ministre de la défense de l&#8217;Estonie ne prend pas position en ce qui concerne ces déclarations. Cependant, une source dont le nom n&#8217;est pas donnée dans le câble, tient à revenir sur trois considérations importantes :</p>
<ul>
<li>L&#8217;origine de l&#8217;attaque n&#8217;a pas à être associée à un état clairement défini pour pouvoir recourir à l&#8217;acte V du traité de l&#8217;OTAN (Cf. la réponse des États-Unies suite au 11 septembre / Lire <a href="http://crowdleaks.org/fr/the-logic-of-power-al-qaeda-versus-wikileaks/">La logique du Pouvoir : Al-Qaïda vs Wikileaks</a>)</li>
<li>Les capacités défensives du pays subissant l&#8217;attaque ne doivent pas être un facteur à prendre en considération pour empêcher le recours à l&#8217;acte V ou pour déterminer une échelle graduée de réponses contre l&#8217;attaquant.</li>
<li>Il faut définir ce à quoi correspondrait &laquo;&nbsp;l&#8217;assistance collective&nbsp;&raquo; de l&#8217;acte V dans le cas d&#8217;une réponse apportée aux cyber-attaques. S&#8217;agirait-il d&#8217;héberger les sites ciblés chez les autres états membres, ou s&#8217;agirait-il d&#8217;autres mesures ?</li>
</ul>
<p><strong>Partie IV : Le sommet de l&#8217;OTAN à Bucarest en 2008 </strong></p>
<p>Suite à ces attaques s&#8217;est tenu à Bucarest le sommet sur l&#8217;OTAN. C&#8217;est à partir de là qu&#8217;a été adoptée une politique en matière de défense cybernétique. Il a été décidé de former des infrastructures et des autorités compétentes pour traiter les questions soulevées par la cyber-criminalité opérant à l&#8217;échelle de gouvernements.</p>
<ul>
<li><strong>L&#8217;Autorité de Cyber-Défense de l&#8217;OTAN ( CDMA) : </strong>basée à Bruxelles, cette entité a pour objectif de surveiller et répondre aux cyber-attaques. Les pouvoirs conférés à cette entité ne sont pas clairement définis. Néanmoins, l&#8217;idée générale est que cette entité forme une cellule de surveillance du réseau internet au sein des pays membres, et que cette cellule fait office de référence à contacter par les gouvernements en cas d&#8217;attaques similaires à celles subies par l&#8217;Estonie.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Coopération en Cyber-Défense (CCD) et Centre d&#8217;Excellence (CoE) : </strong>basée à Tallinn (Estonie), cette entité est chargée de voir sur le long terme les réponses à apportées en matière de cyber-guerre. A travers des tables rondes, cette entité doit trouver le moyen d&#8217;organiser les différents acteurs pour répondre au mieux aux cyber-attaques.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Computer Emergency Response Teams (CERT) :</strong>il s&#8217;agit de cellules développées au sein de chaque pays pour être en mesure de répondre le plus rapidement possible en cas d&#8217;attaque informatique. Ce sont des centres d&#8217;alerte destinés aux administrations et aux entreprises pour réagir au mieux en cas de crise. Il n&#8217;y a pas eu de recommandations formelles de la part de l&#8217;OTAN, mais il a été admit qu&#8217;ils sont d&#8217;une aide précieuse.</li>
</ul>
<p>Il reste beaucoup à faire dans ce domaine et ce serait être de mauvaise foi que de ne pas reconnaitre que les gouvernements ont énormément de retard en la matière et qu&#8217;ils sont, pour l&#8217;heure, complètement dépassés par les capacités de l&#8217;ennemi.</p>
<p><strong>Partie V : Rapide état des lieux des forces en présence aujourd&#8217;hui</strong></p>
<p>En septembre 2010, l’Académie de Défense du Royaume-Uni publie une brève étude d’Alex  Michael. On retrouve dans cette étude un historique des attaques à caractère politique  perpétrées depuis la Chine et la Russie. Même si ce rapport offre un très bon résumé des faits connus, il n&#8217;est jamais question des attaques perpétrées par les États-Unis et Israël.</p>
<p>Cette étude présente  l’attaque contre les sites officiels géorgiens, en août 2008,  comme la  première cyber-attaque coordonnées à des opérations militaires   classiques. Ce qui est faux puisque l’OTAN  avait détruit tous les sites officiels et les sites des médias serbes durant la  guerre du Kosovo, en 1999. On peut également parler d&#8217;Israël qui avait détruit des sites libanais  et des sites d’information (dont Voltairenet.org), en 2006.</p>
<p>Cela mis à part, le rapport montre clairement que la supériorité chinoise et russe sur les États-Unis et l’Union Européenne est indéniable. Il est clair que les attaques informatiques peuvent être beaucoup plus efficaces que  des attaques militaires conventionnelles. Par exemple, dans la configuration actuelle, la Chine  pourrait facilement neutraliser tout le système spatial et de  communication US en cas de conflit. C&#8217;est pourquoi, le général Michael Hyden, l’ancien  patron de la NSA puis de la CIA, préconise de donner pouvoir au  président des États-Unis de fermer quand il le souhaite l’Internet mondial en cas  de conflit.</p>
<p>En plus de ces grandes puissances, on retrouve également la Corée du Nord. En effet, en novembre 2010, on a pu apprendre que la Corée du Nord possède une escouade de plusieurs centaines d’agents  capables de mener des actions de cyber-guerre contre son voisin du Sud.  Cette information a été communiquée par le directeur des services de  renseignement sud-coréens devant les membres de la Commission du  Renseignement de l’Assemblée nationale réunie le 28 octobre 2010. Selon le site DailyNK, basé à Séoul, &laquo;&nbsp;le nombre de pirates  informatiques oscille entre 700 et 800 personnes agissant sous les  ordres du Bureau 110 du ministère de l’Armée populaire. Ils disposent de  plusieurs bases dispersées sur le territoire nord-coréen et peuvent  même opérer depuis la Chine&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Partie VI : Conclusion</strong></p>
<p>En l&#8217;état actuel des choses, il semble tout à fait raisonnable de considérer la capacité d&#8217;un pays à mener des attaques informatiques au même titre que les armes de destructions massives. Les cyber-attaques ont désormais remplacé l&#8217;arme nucléaire dans le rôle d&#8217;élément de dissuasion sur l&#8217;échiquier mondial de la géopolitique. Il est clair qu&#8217;étant donnés les forces en présences et les pays impliqués, une cyber-guerre ne débouchera probablement jamais sur une déclaration de guerre, même en faisant appel à l&#8217;article V du traité de l&#8217;OTAN. Néanmoins la situation reste plutôt inquiétante, d&#8217;autant plus que l&#8217;on assiste de plus en plus à la formation de groupes distincts des états à l&#8217;origine de ces attaques (on pense aux Nashi russes  et aux Hackers rouges en Chine). Quoiqu&#8217;il en soit, il est certain que l&#8217;internet est le nouveau champ de bataille pour le 21<sup>ième</sup> siècle&#8230;</p>
<p><em><strong>Lectures complémentaires :</strong></em></p>
<p>- <a href="http://www.carlisle.army.mil/DIME/documents/NATO%20and%20Cyber%20Defence.pdf" target="_blank">NATO and Cyber Defence, mission accomplished ?</a> par Rex B. Hughes.<br />
- <a href="http://www.physorg.com/news186780333.html" target="_blank">US cyber defense strategy details hit the Internet</a> (AFP).<br />
- <a href="http://www.nato.int/docu/comm/2008/0804-bucharest/index.html" target="_blank">Summit of Bucharest, 2-4 April 2008.</a><br />
- <a href="http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&amp;num=6959" target="_blank">800 North Korean Hackers Preparing Global Cyber Attacks</a>, par Namgung Min, Daily NK.<br />
- <a href="http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/Cyber_Probing.pdf">Cyber Probing : The Politicisation of Virtual Attack</a>, par Alex Michael, Defence Academy of the United Kingdom.</p>
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		<title>Vol d&#8217;uranium : CQFD</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Feb 2011 12:20:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le câble 10WINDHOEK7 revient sur un incident qui s&#8217;est déroulé à la mine d&#8217;uranium de Rossing exploitée par Rio Tinto en Namibie en septembre 2009. Bilan : 250 kilos d&#8217;uranium U308 dans la nature alors que l&#8217;Iran détient des capitaux &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2011/02/23/vol-duranium-cqfd/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2010/01/10WINDHOEK7.html" target="_blank">10WINDHOEK7</a> revient sur un incident qui s&#8217;est déroulé à <a href="http://www.rossing.com/" target="_blank">la mine d&#8217;uranium de Rossing</a> exploitée par <a href="http://www.riotinto.com/" target="_blank">Rio Tinto</a> en Namibie en septembre 2009. <strong>Bilan : 250 kilos d&#8217;uranium U308 dans la nature alors que l&#8217;Iran détient des capitaux dans la mine.</strong> Et tout cela suite à la volonté des forces policières locales de mettre à jour les failles dans la protection de la mine. CQFD.</p>
<p>
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</a>
Le câble créé le 25 janvier 2010 et publié par Wikileaks le 1<sup>er</sup> février 2011 explique que suite au vol d&#8217;uranium, le directeur de l&#8217;exploitation de la mine s&#8217;est rapproché de l&#8217;ambassadeur américain Mathieu pour demander l&#8217;assistance du gouvernement américain et faire intervenir une équipe d&#8217;experts pour mettre aux normes de sécurité l&#8217;ensemble des installations mais surtout la zone la plus sensible : la zone de stockage du produit final, l&#8217;uranium U308. A noter que <strong>l&#8217;uranium U308 est le composant initial nécessaire à l&#8217;enrichissement de l&#8217;uranium</strong> dont la finalité est connue de tous.</p>
<p>Il ressort de cette visite d&#8217;experts une liste de recommandations dont voici un extrait :</p>
<ul>
<li>Renforcer les contrôles d&#8217;accès au site entier et en particulier à la zone de stockage,</li>
<li>Améliorer/augmenter l&#8217;utilisation de scanners rétiniens,</li>
<li>Différenciation physique des réservoirs (réservoirs vides, remplis, endommagés),</li>
<li>etc</li>
</ul>
<p>Toutes ces suggestions ont été faîtes suite au vol qui s&#8217;est déroulé en septembre 2009. Un employé de la Rossing et un sous-traitant de la Rossing qui travaillaient dans la zone de stockage du produit final ont orchestré le vol. D&#8217;après une source citée dans la câble mais dont le nom a été protégé par Wikileaks, <strong>la police namibienne a initié l&#8217;achat illicite d&#8217;uranium dans le but de savoir si l&#8217;uranium pouvait être volé</strong>. Il apparaît que la police namibienne avait ciblé des employés de la Rossing et offert des sommes exorbitantes pour acheter l&#8217;uranium U308 (plusieurs milliers de dollars par kilo).</p>
<blockquote><p>Les deux employés exploitèrent leurs connaissances des différentes vulnérabilités au sein de la zone de stockage et dans les autres endroits de la mine pour perpétrer le vol. L&#8217;accès à la zone de stockage était strictement contrôlée et la sécurité autour de la zone était généralement adéquate, mais les employés possédant un accès à la zone étaient largement moins surveillés et avaient un accès libre à tous les endroits de la zone de stockage. XXX  retira l&#8217;uranium U308 depuis un réservoir endommagé puisqu&#8217;ils savaient que les contrôles sur les réservoirs endommagés étaient moins strictes que sur les autres. [...] L&#8217;un des employés ou les deux déplacèrent ensuite le &laquo;&nbsp;réservoir endommagé&nbsp;&raquo; vers un endroit discret de la zone de stockage où il n&#8217;y avait pas de vidéo-surveillance. Une fois dans cet endroit non-surveillé, l&#8217;uranium U308 a été transféré dans des sacs plastiques individuels et placé dans une benne poubelle pour le déplacement.</p>
<p>Par la suite, XXX a contourné un certain nombre de contrôles sur le retrait des déchets de la zone de stockage. XXX utilisa un camion pour déplacer la benne poubelle vers la décharge de la Rossing. Aucun des deux employés n&#8217;étaient autorisés à conduire ce camion et le camion n&#8217;aurait jamais du entrer ou sortir de la zone de stockage sans une escorte de sécurité. De plus, les deux employés conduisirent le camion en dehors de son horaire prévu. Une fois les sacs de U308 &laquo;&nbsp;déposés&nbsp;&raquo; dans la décharge de la Rossing, les matériaux étaient clairement sans surveillance puisque la décharge n&#8217;est normalement utilisée que pour des déchets non radioactifs. XXX, XXX et/ou peut-être leur troisième partenaire XXX, récupérèrent les sacs depuis la décharge plus tard.</p></blockquote>
<p>D&#8217;après le traitement habituel de l&#8217;uranium qui a lieu au sein de la Rossing, un réservoir peut contenir en moyenne 420 kilos d&#8217;uranium. La police namibienne a attrapé les voleurs lorsqu&#8217;ils essayaient de vendre 24 sacs d&#8217;uranium U308 (cela représente 170 kilos). <strong>XXX admet qu&#8217;il est plus que probable que les voleurs aient retiré 250 kilos supplémentaires</strong> que la compagnie ou la police n&#8217;ont toujours pas retrouvé. Les investigations sont toujours en cours.</p>
<p>Cinq autres employés travaillaient dans la même équipe que les deux voleurs. Ces 5 personnes n&#8217;ont pas été directement impliqué dans le vol, il n&#8217;y a que des preuves circonstancielles. Néanmoins, &laquo;&nbsp;XXX et XXX pensent que les 5 employés savaient probablement qu&#8217;une action illégale était en cours&nbsp;&raquo;. Sous le code du travail de Namibie, il est impossible de renvoyer ces cinq employés sans preuve de faute professionnelle. Ces cinq employés sont donc toujours en activité dans la mine mais sont surveillés étroitement.</p>
<p>Les caméras de sécurité auraient du prendre des images de cette opération ou de l&#8217;implication d&#8217;autres employés, mais<strong> les deux voleurs ont été attrapés trois semaines après le vol</strong>. Ainsi au moment de l&#8217;arrestation, les bandes de surveillance avaient déjà été effacées.</p>
<p>Ainsi donc, suite à la volonté de la police namibienne de mettre à la lumière les failles de sécurité de la Rossing, 250 kilos d&#8217;uranium U308 se sont retrouvés dans la nature. Dernière chose inquiétante : le gouvernement iranien détient des parts dans l&#8217;activité minière de la Rossing. Néanmoins ces dividendes évalués à 6 millions de dollars sont bloqués suites aux sanctions prises par les Nations Unies à l&#8217;encontre de l&#8217;Iran sur les activités nucléaires. Ainsi donc, même si les activités officielles du gouvernement iranien à la Rossing sont inexistantes, il reste néanmoins que l&#8217;Iran est présente sur place. Il n&#8217;est donc pas insensé d&#8217;envisager la possibilité que ces 250 kilos d&#8217;uranium aient été vendus à des intermédiaires officiant pour le compte de l&#8217;Iran. Cela prend d&#8217;autant plus de sens si l&#8217;on considère l&#8217;augmentation des activités iraniennes à propos de leur programme nucléaire lors de la dernière année.</p>
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		<title>Turquie-Iran : des relations changeantes</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 16:31:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Iran est un pays qui occupe une place majeure dans l&#8217;actualité géopolitique et dans les négociations en cours sur l&#8217;échiquier mondial. De son côté, la Turquie est un allié de longue date des États-Unis, mais est également un pays frontalier &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2011/02/11/turquie-iran-des-relations-changeantes/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Iran est un pays qui occupe une place majeure dans l&#8217;actualité géopolitique et dans les négociations en cours sur l&#8217;échiquier mondial. De son côté, la Turquie est un allié de longue date des États-Unis, mais est également un pays frontalier avec la Syrie,
<a href="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/articles/turquie-iran-pas-simple.jpg" title="Relations difficiles entre la Turquie et l'Iran..." class="shutterset_singlepic31" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/cache/31__h=x_turquie-iran-pas-simple.jpg" alt="Turquie & Iran" title="Turquie & Iran" />
</a>
 l&#8217;Irak et l&#8217;Iran qui sont trois pays dans lesquels les situations sont complexes. La Turquie se retrouve donc dans une situation délicate dans laquelle elle essaye de faire au mieux de ses intérêts. Seulement ce pays fait déjà preuve à des difficultés sociales et économiques qui rend plus ou moins instable le gouvernement. Dans ce contexte, les relations entretenues par la Turquie avec l&#8217;Iran sont bien souvent changeantes.</p>
<ul>
<li><strong>Contexte géopolitique de la Turquie</strong></li>
</ul>
<p>La Turquie est membre fondateur de plusieurs grandes organisations internationales telles que l&#8217;ONU (1945), l&#8217;OCDE (1960), et le G-20 (1999). Ce pays abrite des bases américaines à İncirlik, Izmir et Ankara. Les très fortes relations avec les États-Unis remontent à la guerre froide du fait de sa position par rapport à l&#8217;URSS. Cependant, la question Kurde lors de la guerre d&#8217;Irak de 2003 a été un point de désaccord ayant terni les relations américano-turques. En effet, comme l&#8217;Iran, la Turquie craint qu&#8217;un pouvoir kurde trop fort en Irak ne favorise les prétentions indépendantistes des Kurdes de Turquie.</p>
<ul>
<li><strong>Un allié docile mais en position de force </strong></li>
</ul>
<p>Dans le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2002/11/02ANKARA8305.html" target="_blank">02ANKARA8305</a>, daté du 15 novembre 2002, on peut voir que la Turquie réaffirme avec force son soutien à son allié américain :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Combattre le terrorisme est une priorité de longue date pour le gouvernement de Turquie. Dans son récent et soutenu soutien auprès de la coalition dans la guerre mondiale contre le terrorisme [...], le gouvernement de Turquie a réaffirmé son engagement pour combattre le terrorisme à l&#8217;échelle nationale et internationale. [...] La Turquie continue de soutenir l&#8217;approche internationale et coordonnée des États-Unis.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Dans le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2006/01/06ANKARA331.html" target="_blank">06ANKARA331</a>, daté du 30 janvier 2006, on peut sentir que les relations sont un peu plus délicates et que les États-Unis tiennent à soigner leur relation avec la Turquie de par sa proximité avec l&#8217;Irak. Garder le soutien de la Turquie est capital pour les américains et ils sont donc prêts à offrir des contreparties au gouvernement. En effet, au même moment, la Turquie rencontre quelques difficultés avec la guerre intérieure contre les rebelles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).</p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;engagement de la Turquie dans la guerre en Irak est très mal vu au sein du peuple turc. Il y a eu d&#8217;ailleurs une période difficile dans les relations entre la Turquie et les États-Unis en 2004, moment où la Turquie a enregistré ses plus grosses pertes en Irak.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Nous ne sommes pas encore tirés d&#8217;affaire mais notre relation bilatérale est sur la pente ascendante depuis les mauvais moments de 2004 avec les opérations de la coalition à Tal Afar et Fallujah avec des enlèvements et meurtres répétés de conducteurs turcs de camion. [...] En dépit de l&#8217;impopularité persistante de la guerre en Irak (plus de 95% de la population y est opposée), cela ne fait plus la une des médias. [...] Le général Basbug fit le premier pas vers une amélioration de nos relations le 26 janvier 2005 lors d&#8217;une conférence de presse nationale télévisée dans laquelle il a souligné l&#8217;importance de la relation bilatérale.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Votre visite en Turquie arrive à un moment important. [...] Vous voudrez admettre la contribution turque dans la guerre en Irak et la guerre mondiale contre le terrorisme. [...] Il sera important de répondre aux plaintes à propos de l&#8217;inaction des États-Unis à propos du PKK en Irak en soulignant que nous allons aider la Turquie à combattre le PKK partout ailleurs.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p style="text-align: left;">La politique des États-Unis est claire : la Turquie est un allié important qui occupe une position stratégique. Sa frontière avec l&#8217;Irak est capitale pour le bon déroulement de la guerre menée dans ce pays, et sa frontière avec l&#8217;Iran fait de la Turquie un pays sur lequel il faudra compter dans le futur. Ainsi, les États-Unis sont volontiers prêts à accéder aux exigences du gouvernement de Turquie.</p>
<p style="text-align: left;">Les relations entre les États-Unis et la Turquie sont donc, au début de l&#8217;année 2006, sur la voie de l&#8217;amélioration suite aux efforts des États-Unis. Cependant, la Turquie sent qu&#8217;elle a une carte à jouer grâce à sa position géographique stratégique et commence à prendre des initiatives, comme en témoigne le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2006/06/06ANKARA3352.html" target="_blank">06ANKARA3352</a>, daté du 8 juin 2006 :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;La Turquie est un allié important dans la guerre internationale contre le terrorisme. [...] Mais il y a des défis. La coopération bilatérale pour l&#8217;industrie de la défense est en déclin. Une présence de sécurité turque renforcée le long de la frontière irakienne pour combattre une augmentation de l&#8217;activité des terroristes du PKK a augmenté les inquiétudes sur le fait que la Turquie pourrait agir unilatéralement au-delà de la frontière irakienne, ce que nous avons découragé.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<ul>
<li><strong>La question du programme nucléaire iranien</strong></li>
</ul>
<p>La Turquie a pratiquement toujours soutenu la position américaine pour demander l&#8217;arrêt des programmes de recherche sur le nucléaire en Iran. Les différents dirigeants politiques de la Turquie, que ce soit le président, le premier ministre ou le ministre des affaires étrangères, ont toujours publiquement demandé à l&#8217;Iran de se plier aux demandes de la communauté internationale.</p>
<p>Cependant, dans le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2010/02/10ANKARA302.html" target="_blank">10ANKARA302</a>, daté du 25 février 2010, on peut voir que la position de la Turquie sur la question du nucléaire iranien est beaucoup moins tranchante. En effet le gouvernement de la Turquie craint de voir des répercussions économiques et militaires au sein de son pays.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Burns pressa fortement Sinirliolgu de soutenir les actions pour convaincre le gouvernement iranien qu&#8217;il est sur la mauvaise voie. Sinirliolgu réaffirma l&#8217;opposition du gouvernement turc au nucléaire iranien ; cependant, il partagea ses craintes sur le fait qu&#8217;une action militaire collatérale pourrait avoir un impact sur la Turquie et que cela pourrait unir les iraniens derrière le régime et nuire à l&#8217;opposition. Burns reconnu l&#8217;exposition de la Turquie, en tant que voisin de l&#8217;Iran, à un impact économique des sanctions, mais rappela à Sinirliolgu que les intérêts de la Turquie souffriraient si Israël venait à agir militairement pour empêcher l&#8217;acquisition par l&#8217;Iran de l&#8217;arme nucléaire ou si l&#8217;Égypte et l&#8217;Arabie Saoudite commençaient à chercher par eux-mêmes un arsenal nucléaire.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>William Burns est le sous-secrétaire de l&#8217;ambassadeur américain à Ankara, James Jeffrey. Feridun Sinirliolgu est l&#8217;homologue turc de William Burns.</p>
<p>On voit bien que la position turque reste très proche de celle soutenue par les américains et par la communauté internationale en général. Cependant, la lecture du câble peut nous amener à nous poser les questions suivantes : quelle serait la position de la Turquie dans le cas où les États-Unis engageraient une action militaire contre l&#8217;Iran ? De par sa position stratégique, la Turquie serait-elle en mesure de jouer cavalier seul ? Le bon sens nous invite bien sûr à dire que la Turquie aura toujours tendance à se rallier aux américains. Cependant, qu&#8217;en serait-il dans le cas où la région du Moyen-Orient viendrait à subir une crise plus généralisée. Un soutien affiché de la Turquie aux américains mettrait le pays dans une situation délicate, le rendant la cible probable d&#8217;attaques terroristes et le plaçant dans un contexte économique de crise. Bref, la stabilité du pays n&#8217;étant pas assurée, la position de la Turquie semble en être de même.</p>
<ul>
<li><strong>La frontière entre l&#8217;Iran et la Turquie</strong></li>
</ul>
<p>Le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2009/07/09ANKARA1084.html" target="_blank">09ANKARA1084</a>, daté du 29 juillet 2009, fait état de la situation de deux postes frontières avec l&#8217;Iran. Le constat est plutôt alarmant puisqu&#8217;il semble que le passage de la frontière, dans un sens comme dans l&#8217;autre, ne soit pas sujet à des vérifications en règle. Le poste frontière  de Gurbulak a des équipements permettant de scanner les personnes passant la frontière mais il semblerait que la zone ne soit pas toujours alimentée en électricité et que les équipements sont donc obsolètes.</p>
<p>Le bilan est bien plus inquiétant pour le deuxième poste frontière détaillé dans le câble : le poste frontière de Kapikoy. C&#8217;est le seul point de passage de trains entre l&#8217;Iran et la Turquie qui concerne à la fois des passagers et des marchandises. &laquo;&nbsp;Il y a 4 trains par semaine pour les passagers et de nombreux trains de marchandises&nbsp;&raquo;. Une locomotive iranienne amène les wagons en Turquie pour ensuite laisser la place à une locomotive turque. De là s&#8217;en suit un passage sur ferry pour passer le lac de Tatvan et il est ensuite possible de prendre des directions variées en Turquie ou vers la Syrie.</p>
<p>Les effectifs au point frontière sont très bas : il y a en théorie 11 personnes, mais 5 sont souvent en formation. Le point de contrôle ne dispose d&#8217;aucun équipement électronique et toutes les fouilles sont conduites à la main et à l&#8217;aide de deux chiens. Comme au point de contrôle de Gurbalak, il n&#8217;y a contrôle que si les douaniers relèvent un comportement suspect. Par ailleurs, les officiers de douane ne contrôlent généralement que les compartiments de passagers en raison des contraintes de rapidité qu&#8217;ils doivent respecter.</p>
<p>Les douaniers de ce point de contrôle ont deux véhicules à leur disposition : l&#8217;un ne fonctionne pas et l&#8217;autre ne dispose pas d&#8217;essence. Tous les besoins de première nécessité (nourriture et autres choses) se trouvent à 2 kilomètres du point de contrôle. Cela réduit donc le nombre de personnes présentes au point de contrôle. Il est apparu au responsable américain chargé du rapport que les douaniers &laquo;&nbsp;sont plus concentrés sur leur propre sécurité que sur le contrôle des marchandises&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ainsi il apparait que la frontière entre l&#8217;Iran et la Turquie est ouverte à tout type de contrebande et qu&#8217;il n&#8217;y a aucune difficulté à faire passer des marchandises illégales entre les deux pays. On peut bien entendu imaginer le passage de matières radioactives étant donnée la question du programme nucléaire iranien.</p>
<ul>
<li><strong>Matières premières : conflits d&#8217;intérêts</strong></li>
</ul>
<p>De par sa frontière avec l&#8217;Iran, la Turquie procède bien sûr à des échanges de nature commerciale avec son voisin. Seulement il semblerait que le gouvernement en place, et notamment le premier ministre Erdogan, fasse profiter son cercle privé de l&#8217;obtention des accords commerciaux signés avec l&#8217;Iran. En effet, d&#8217;après le câble <a href="http://wikileaks.ch/cable/2009/02/09ANKARA321.html" target="_blank">09ANKARA321</a>, daté du 27 février 2009, il apparait que la compagnie turque SOM Petrol appartenant à Sitki Ayan, un ami proche du premier ministre, ait signé un accord avec l&#8217;Iran. D&#8217;ailleurs Sitki Ayan est également un ami proche du frère du premier ministre, Mustafa Erdogan.</p>
<p>En novembre 2007, la compagnie électrique turque nommée Savk Electricity, appartenant à Cihan Kamer, un autre ami du premier ministre, a également signé un contrat pour des importations depuis l&#8217;Iran. A ce moment, une autre compagnie, nommée Kartet, sur le marché des échanges électriques avec l&#8217;Iran monta au créneau pour dénoncer ces accords illégaux et irrespectueux de l&#8217;éthique. Suite à cela, l&#8217;Iran a annulé son accord avec la Savk Electricity. En effet il semblerait que &laquo;&nbsp;l&#8217;Iran ne veut pas traiter avec des compagnies imposées par le gouvernement turc&nbsp;&raquo; rapporte Kacik, le directeur des ventes de Kartet.</p>
<ul>
<li><strong>Conclusion : des relations difficiles</strong></li>
</ul>
<p>Lors des derniers mois, il y a eu quelques accrochages entre ces deux pays. En effet on a l&#8217;impression que la Turquie ne sait pas trop comment se positionner et essaye de jouer la neutralité. Seulement, étant un allié important des États-Unis, la Turquie ne peut afficher sa volonté de neutralité qu&#8217;en accordant aussi un soutien à ses pays voisins. Entre la Turquie et l&#8217;Iran, c&#8217;est une relation &laquo;&nbsp;ni amis, ni ennemis&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il y a d&#8217;ailleurs <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sakineh_Mohammadi_Ashtiani" target="_blank">l&#8217;affaire Sakineh</a> qui n&#8217;améliore pas les choses. A l&#8217;heure actuelle, le gouvernement de la République Islamique d&#8217;Iran n&#8217;apprécie pas du tout l&#8217;ampleur de la campagne de solidarité internationale en  faveur de Sakineh Mohammad, cette iranienne accusée d’adultère et  menacée de lapidation. A ce propos, la Turquie a appelé l&#8217;Iran à la clémence.</p>
<p>D&#8217;un autre côté, le 25 août 2010, le vice-président iranien Hamid Baghaei a déclaré lors d&#8217;une conférence internationale &laquo;&nbsp;qu’il y a 100 ans, l’Empire ottoman  avait commis un génocide envers un certain nombre d’Arméniens&nbsp;&raquo;. Cette phrase peut être interprétée comme le début d&#8217;une reconnaissance du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Génocide_arménien" target="_blank">génocide arménien</a> par la République Islamique d&#8217;Iran alors que la position officielle de la Turquie sur la question est très claire : il n&#8217;est pas question de reconnaitre le génocide. Deux jours après cette déclaration, le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet  Davutoğlu, a appelé son  homologue iranien, Manouchehr Mottaki, pour lui  demander des explications. Le chef de la diplomatie  iranienne a répondu que la position de Téhéran  sur la question n’avait  pas changé et que la République islamique  continuait à ne pas  reconnaître officiellement le génocide de 1915. Les propos de Hamid Baghei auraient été sortis de leur contexte. Cela étant dit le gouvernement turc ne s&#8217;est pas satisfait de cette réponse et a demandé une mise au point avec le vice-président iranien.</p>
<p>Cette succession d&#8217;incidents de part et d&#8217;autre est probablement le signe de l&#8217;exaspération de Téhéran par rapport à la Turquie qui, en dépit de son soutien récent sur la question du nucléaire, essaye de consolider sa position de force dans la région et qui conteste donc le leadership de l&#8217;Iran. En effet, les initiatives prises par la Turquie avec le Brésil pour proposer ses propres solutions diplomatiques à la crise  nucléaire et refuser de soutenir les sanctions américaines au Conseil  de Sécurité ont été extrêmement remarquées. Il est cependant clair qu&#8217;aujourd&#8217;hui la Turquie se consacre à  l’apaisement des tensions avec les États-Unis. En effet, à ce sujet, il semblerait que la Turquie et Israël tentent de trouver une  issue au conflit qui les a opposés après <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Abordage_de_la_flottille_pour_Gaza" target="_blank">l’affaire de la flottille</a>.</p>
<p>Dernier point important, la Turquie s’apprête à  rayer l’Iran de la liste des pays qui constituent pour elle une menace. Cette nouvelle soulève tout de même un certain nombre d&#8217;inquiétudes depuis que l’Iran vient encore de faire une démonstration de force en  ouvrant sa  première centrale nucléaire et en révélant qu’il disposait de  nouvelles  armes (dont les fameux drones aériens armés dont seuls  disposent  les États-Unis, la France et Israël). Ainsi, en dépit des  convergences sur la question du nucléaire, qui ont permis à la Turquie  de prendre une peu plus d&#8217;indépendance vis-à-vis de son allié américain, les deux pays apparaissent désormais  comme deux puissances  régionales susceptibles de se retrouver en concurrence sur des questions sensibles.</p>
<p>Cela est d&#8217;autant plus vrai que le Moyen-Orient subit actuellement des mutations importantes : réduction de la présence militaire américaine en Irak, discussions entre Israéliens et Palestiniens, crise politique au Liban, affaiblissement du régime pakistanais face aux Talibans, ou encore le changement de régime en Égypte avec la possible arrivée d&#8217;un pouvoir islamique en accord avec les souhaits exprimés par l&#8217;Iran. Dans une telle situation, la position de la Turquie devient plus que cruciale pour la stabilité de la région entière. Ainsi la Turquie pourrait devenir le représentant d&#8217;un islam sunnite inquiet de la montée de la puissance iranienne et du possible changement en Égypte. La Turquie, risque fort donc d&#8217;être invitée à être le médiateur entre les forces occidentales et le Moyen-Orient et par conséquent à devoir prendre des positions plus précises et plus fermes sur des questions importantes pouvant changer le panorama de la géopolitique internationale. Reste une question : la Turquie souhaite-t-elle vraiment jouer ce rôle ?</p>
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		<pubDate>Sun, 06 Feb 2011 19:15:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que Wikileaks ne fait que commencer à publier tous les câbles diplomatiques envoyés depuis les ambassades américaines à travers le monde (moins de 4 000 publiés à ce jour sur plus de 250 000 récupérés !), des sites voient &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2011/02/06/contribuez-a-ecrire-une-verite/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que Wikileaks ne fait que commencer à publier tous les câbles diplomatiques envoyés depuis les ambassades américaines à travers le monde (moins de 4 000 publiés à ce jour sur plus de 250 000 récupérés !), des sites voient le jour dans le but de faciliter l&#8217;accès au plus grand nombre au contenu de ces câbles. Certains ne se contentent que de traduire les câbles dans de nombreuses langues, d&#8217;autres analysent les câbles, les mettent en relation et publient des articles qui font l&#8217;actualité d&#8217;aujourd&#8217;hui, une actualité bien souvent différente de celle entendue dans les médias&#8230;</p>
<p><a href="http://crowdleaks.org/fr/"><img class="aligncenter size-full wp-image-4170" title="crowdleaks" src="http://www.ange-noir.fr/wp-content/uploads/2011/02/crowdleaks.png" alt="crowdleaks" width="283" height="55" /></a>Crowdleaks est l&#8217;un de ces sites. Grâce à une communauté internationale et dynamique, crowdleaks publie des articles proposant une analyse des câbles publiés en parallèle par le célèbre site Wikileaks représenté par Julian Assange (qui va repasser devant les tribunaux anglais dès demain pour une éventuelle extradition vers la Suède). Mais crowdleaks ne se contente pas de présenter les câbles, il fait l&#8217;analyse de tous les contenus publiés par Wikileaks ou encore par Openleaks, le petit-frère qui vient de s&#8217;ouvrir au public.</p>
<p>Si vous aussi, vous pensez que le monde serait meilleur en initiant des réformes légales pour des démocraties justes et transparentes  afin de réduire les relations abusives entre les individus et les  états, alors participez à ce projet pharaonique en apportant votre pierre à l&#8217;édifice. Vous pouvez apporter votre soutien en vous contentant de traduire des articles dans des langues que vous maitrisez afin que cela puisse toucher le plus grand nombre. Vous pouvez vous-même vous amuser à lire les câbles publiés par Wikileaks et proposer des articles sur ce site dont on entend déjà parler sur des sites journalistiques de toute l&#8217;Europe.</p>
<p>Bref, si vous pensez qu&#8217;en cette période délicate, mais à la fois capitale, il faut faire de son mieux pour défendre ses convictions et essayer de rendre le monde dans lequel nous vivons plus juste, alors vous avez là un moyen très efficace ! Chacun peut participer ! A vous de jouer&#8230;</p>
<div align="right" style="float: right; padding: 5px 0px 0px 5px;"><a name="fb_share" type="button_count" share_url="http://www.ange-noir.fr/2011/02/06/contribuez-a-ecrire-une-verite/"></a></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Égypte : une révolution pour les droits de l&#8217;homme ?</title>
		<link>http://www.ange-noir.fr/2011/02/04/legypte-une-revolution-pour-les-droits-de-lhomme/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Feb 2011 18:46:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que l&#8217;Égypte suit l&#8217;exemple de son voisin tunisien, on assiste en ce début de mois de février 2011 à de violents affrontements entre les partisans de l&#8217;actuel président Mohammed Hosni Moubarak et l&#8217;opposition. Ceux qui souhaitent du changement ne &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2011/02/04/legypte-une-revolution-pour-les-droits-de-lhomme/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que l&#8217;Égypte suit l&#8217;exemple de son voisin tunisien, on assiste  en ce début de mois de février 2011 à de violents affrontements entre  les partisans de l&#8217;actuel président Mohammed Hosni Moubarak et  l&#8217;opposition. Ceux qui souhaitent du changement ne sont pas prêts à  attendre la fin du mandat de l&#8217;actuel président. En effet celui-ci a  annoncé qu&#8217;il ne se représenterait pas lors des prochaines élections en  septembre 2011. Il en est de même pour son fils qui n&#8217;est pas non plus  porté dans le cœur des opposants.</p>
<p>Ce soulèvement suit l&#8217;exemple donné un mois plus tôt par le peuple  tunisien avec &laquo;&nbsp;la Révolution de jasmin&nbsp;&raquo;. Cela fait suite à une  augmentation du niveau de la vie, un marché de l&#8217;emploi plongé dans de  graves difficultés et à un gouvernement oppressif. C&#8217;est pourquoi, le  vendredi 4 février 2010, la Haute commissaire de l&#8217;ONU aux droits de  l&#8217;homme, Navi Pillay, exhorte les autorités égyptiennes à mener des  enquêtes &laquo;&nbsp;transparentes et impartiales&nbsp;&raquo; sur les récentes violences en  cours.</p>
<p>Le changement est &laquo;&nbsp;en cours en Égypte comme il est venu en Tunisie&nbsp;&raquo;,  a-t-elle estimé. &laquo;&nbsp;Les gouvernements doivent écouter leur population et  mettre en pratique leurs obligations concernant les droits de l&#8217;homme&nbsp;&raquo;.  &laquo;&nbsp;Les régimes qui privent leur population de leurs droits fondamentaux et  reposent sur un appareil sécuritaire impitoyable pour imposer leur  volonté, sont condamnés à tomber sur le long terme&nbsp;&raquo;. On peut donc  comprendre les revendications du peuple égyptien.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, suite aux récentes manifestations en Égypte, Wikileaks a  donné plus d&#8217;importance à la publication de câbles venant de l&#8217;ambassade  du Caire lors de ces derniers jours. <a href="http://www.wikileaks.ch/cable/2009/05/09CAIRO814.html" target="_blank">Un de ces câbles</a> fait d&#8217;ailleurs mention d&#8217;un rapport publié en 2008 à propos de la  situation des droits de l&#8217;homme en Égypte et dénonce une situation  accablante.</p>
<p>Ce câble datant du 13 mai 2009 fait l&#8217;analyse du rapport 2008 du  Conseil National des Droits de l&#8217;Homme. Cette organisation, fondée en  2003, est une organisation quasi gouvernementale dominée par des membres  du gouvernement égyptien. Cependant, le rapport 2008 fait état de  critiques violentes envers le gouvernement et donne de nombreux détails  sur les violences et abus perpétrés. L&#8217;ambassadrice au Caire, Margaret  Scobey, fait d&#8217;ailleurs remarquer au gouvernement américain qu&#8217;il  &laquo;&nbsp;pourrait utiliser ce rapport comme force d&#8217;appui dans des discussions  privées avec le gouvernement égyptien&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le rapport couvre l&#8217;année 2008 et les trois premiers mois de l&#8217;année  2009. On y retrouve des critiques sur le gouvernement égyptiens à propos  de plusieurs points annonciateurs des évènements de février 2011 :</p>
<ul>
<li>Le gouvernement égyptien &laquo;&nbsp;restreint les organisations non gouvernementales et les syndicats professionnels&nbsp;&raquo;,</li>
<li>Il &laquo;&nbsp;essaye de juger les civils en court militaire du fait de l&#8217;état d&#8217;urgence&nbsp;&raquo;,</li>
<li>Le gouvernement ne tient pas compte des &laquo;&nbsp;frictions sociales&nbsp;&raquo; entre  les musulmans et les chrétiens qui débouchent sur du sectarisme,</li>
</ul>
<p>Le Conseil National appelle le gouvernement à faire attention aux  &laquo;&nbsp;problèmes économiques et sociaux&nbsp;&raquo; et déclare que la crise financière a  de graves effets sur l&#8217;économie égyptienne et sa société. Le rapport  dispose d&#8217;ailleurs d&#8217;une section de plaintes faîtes par des citoyens et  qui se concentrent principalement sur les problèmes de société.</p>
<p>Le rapport soumet au gouvernement égyptien 25 recommandations dont  les principales sont citées ci-dessous. Par ailleurs ces recommandations  étaient déjà présentes dans les précédents rapports du Conseil National  depuis 2005 :</p>
<ul>
<li>En finir avec l&#8217;état d&#8217;urgence et établir une loi en faveur de l&#8217;anti-terrorisme,</li>
<li>Définir avec plus de précisions les lois en ce qui concerne l&#8217;usage  de la torture. L&#8217;ambassadrice rappelle qu&#8217;à ce moment la loi ne définit  la torture que dans le cas de l&#8217;obtention d&#8217;informations, et que les  sentences contre la police sont principalement en-dessous de ce que la  loi exige,</li>
<li>En finir avec les condamnations à la prison pour les journalistes,</li>
<li>Supprimer les lois contre les organisations non-gouvernementales. A  ce moment, &laquo;&nbsp;le gouvernement égyptien est en droit de dissoudre des ONG,  limiter leurs activités et interdire leur formation&nbsp;&raquo; et le gouvernement  égyptien &laquo;&nbsp;fait souvent usage de ces prérogatives&nbsp;&raquo;,</li>
<li>Lever les interdictions sur la formation de nouveaux partis  politiques. A ce moment, un nouveau parti devait obtenir l&#8217;autorisation  du parti au pouvoir pour voir acceptée sa création.</li>
</ul>
<p>Malgré les vives critiques prononcées contre le gouvernement égyptien  dans ce rapport, il s&#8217;avère que les civils sont désappointés par  celui-ci. En effet, l&#8217;ambassadrice Cobey a discuté avec une personne  dont le nom a été masqué par les équipes de Wikileaks.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;XXX nous a dit qu&#8217;il était d&#8217;accord avec l&#8217;ensemble de  ces recommandations mais qu&#8217;il doutait de la mise en pratique de  celles-ci par le gouvernement égyptien. XXX dit que bien qu&#8217;il pensait  que le rapport était le plus véridique jusque là, il aurait du être plus  sévère envers le gouvernement égyptien qui n&#8217;a pas suivi les  recommandations du Conseil National depuis 2005. XXX considéra le  rapport comme le pire depuis 2004 car il reporte les problèmes du pays  sur le manque de culture des droits de l&#8217;homme des citoyens égyptiens.  XXX exprima son désappointement et ajouta que, selon lui, le rapport  surévaluait les problèmes économiques et minimisait le manque de droits  pour la société et la politique.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Il apparait donc clairement que la situation explosive entre le  gouvernement égyptien et sa population était connue du gouvernement  américain depuis au moins 2009. Mais le président Moubarak étant un  allié de longue date des américains, ces derniers n&#8217;ont probablement pas  suivi les recommandations de l&#8217;ambassadrice en utilisant ce rapport  pour amener le gouvernement à proposer des réformes démocratiques.</p>
<p>Les évènements de ce mois de février 2011 sont donc l&#8217;expression  d&#8217;une rancune qui monte depuis au moins 2004. Les citoyens égyptiens  réclament donc un gouvernement au service de son peuple et qui prendra  en considération les droits de l&#8217;homme. On peut cependant se demander si  les successeurs potentiels à Moubarak tiendront davantage compte de ces  recommandations du rapport 2008.</p>
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		<title>&#171;&#160;Carnets de guerre&#160;&#187; de WikiLeaks : les États-Unis répondent</title>
		<link>http://www.ange-noir.fr/2010/07/27/carnets-de-guerre-de-wikileaks-les-etats-unis-repondent/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 22:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Retrouver les sources Les États-Unis se donnent beaucoup de mal pour retrouver les sources de WikiLeaks. Bradley Manning, un analyste du renseignement, a récemment été inculpé. Douze chefs d&#8217;inculpation ont été retenus contre ce soldat de 22 ans, soupçonné d&#8217;avoir &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/07/27/carnets-de-guerre-de-wikileaks-les-etats-unis-repondent/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li><strong>Retrouver les sources</strong></li>
</ul>
<p>Les États-Unis se donnent beaucoup de mal pour retrouver les sources de WikiLeaks. Bradley Manning, un analyste du renseignement, a récemment été inculpé. Douze chefs d&#8217;inculpation ont été retenus contre ce soldat de 22 ans, soupçonné d&#8217;avoir remis au site la, désormais célèbre, vidéo d&#8217;une bavure de l&#8217;armée américaine en Irak en 2007.</p>
<p>Si l&#8217;on en croit le Wall Street Journal, Bradley Manning serait retenu au Koweït et serait également accusé d&#8217;être la source de WikiLeaks pour ces &laquo;&nbsp;carnets de guerre&nbsp;&raquo; et ce, même si une enquête criminelle a été ouverte formellement par l&#8217;armée de terre ce mardi. Ceci dit, Julien Assange, le porte-parole de WikiLeaks (dont, je le rappelle, les avocats lui conseillent de ne pas aller sur le sol américain et de rester cacher le plus possible) a démenti que l&#8217;analyste soit sa source.</p>
<p>En fait, comme le note le site <a href="http://motherjones.com/mojo/2010/07/wikileaks-afghan-documents-and-me-source" target="_blank">Motherjones</a> : <em>&laquo;&nbsp;Les Sigacts </em>["significant activity reports", soit la plupart des 91.000 fichiers de routine révélés dimanche] <em>sont   théoriquement disponibles pour quiconque dispose &#8211; en Irak, en   Afghanistan, ou dans la base de Tampa, en Floride &#8211; d&#8217;un accès à   l&#8217;intranet le plus basique de l&#8217;appareil militaire pour les données   sensibles, le «Secret Internet Protocol Router Network» (SIPRNet). Des   milliers de personnes dans des centaines d&#8217;endroits auraient pu lire ces   rapports, et pourraient être la source de WikiLeaks.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Les responsables de WikiLeaks indiquent quant à eux que toutes les  précautions sont prises pour garantir l&#8217;anonymat et la sécurité de leurs  sources. Le site, dont les serveurs sont basés en Suède et en Belgique,  utilise notamment un réseau mondial décentralisé de routeurs (Tor), censé protéger la confidentialité des données.</p>
<p>A propos du réseau Tor : son existence est sujet à polémique car certains anonymats sont moins défendables que d’autres. Si la communauté Tor fait en effet valoir que les délinquants utilisent déjà d’autres techniques, et qu’en outre, pour certains échanges, la condition d’anonymat  est primordiale : journalistes, réseaux militants, etc., il reste que  l’on ne saurait ignorer le risque que des actes illicites soient, à  l’aide de Tor, commis sans qu’aucune archive ne permette d’identifier  les éventuels auteurs d’infractions.  On qualifie donc parfois ces systèmes de « réseaux d’impunité », les  nœuds étant localisés dans le monde entier, alors même qu’une  législation à l’échelle d’un seul pays est déjà difficile à mettre en  œuvre. Cela serait ici un des sujets abordés par le projet islandais IMMI.</p>
<ul>
<li><strong>Nouvelle stratégie ?</strong></li>
</ul>
<p><strong>Sur le Pakistan</strong> :  	les «carnets de guerre» décrivent une entente entre les 	services de  renseignement pakistanais (l&#8217;ISI), et les insurgés 	talibans en  Afghanistan. Ceci dit, l&#8217;administration Obama, soucieuse de ne pas se 	brouiller avec  Islamabad, fustige des <em>«rapports 	périmés».</em> D&#8217;autres  personnes voient là au contraire la confirmation de 	doutes à propos de l&#8217;ISI. Cela 	permettra même à  Washington de mettre davantage la 	pression sur le Pakistan.</p>
<p><strong>Sur la stratégie afghane d&#8217;Obama</strong> :  c&#8217;est le principal argument 	de l&#8217;administration démocrate : les 91.000 fichiers  portent sur la 	période 2004-fin 2009. Or, la nouvelle stratégie d&#8217;Obama pour l&#8217;Afghanistan date de décembre 2009. Les problèmes pointés par les «carnets de guerre», ne seraient donc plus d&#8217;actualité.<em> </em>Si le nombre de pertes civiles est 	effectivement en baisse depuis le  début de l&#8217;année et que les 	relations avec le Pakistan se sont  améliorées, les troupes de la 	coalition n&#8217;ont jamais été touchées aussi  durement: 400 hommes en 	moins de huit mois, selon le site <a href="http://icasualties.org/OEF/ByTheatre.aspx" target="_blank">icasualties</a>.</p>
<p><strong>L&#8217;avenir :</strong> la Chambre des 	représentants doit se prononcer cette semaine sur un  projet de 	budget supplémentaire 2010 pour financer les renforts  américains 	en Afghanistan.<em></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;ISI, pilier de l&#8217;insurrection afghane</title>
		<link>http://www.ange-noir.fr/2010/07/26/lisi-pilier-de-linsurrection-afghane/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 18:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cet article fait suite à cet article et est inspiré d&#8217;un article du New York Times. Les forces américaines suspectent sérieusement et depuis un moment les services secrets pakistanais (ISI) de guider dans l&#8217;ombre l&#8217;insurrection afghane même si le Pakistan &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/07/26/lisi-pilier-de-linsurrection-afghane/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet article fait suite à <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/07/26/wikileaks-le-bourbier-afghan/">cet article</a> et est inspiré d&#8217;<a href="http://www.nytimes.com/2010/07/26/world/asia/26isi.html?_r=1&amp;hp" target="_blank">un article du New York Times</a>.</p>
<p>Les forces américaines suspectent sérieusement et depuis un moment les services secrets pakistanais (ISI) de guider dans l&#8217;ombre l&#8217;insurrection afghane même si le Pakistan reçoit plus d&#8217;un milliard de dollars par an de Washington pour son aide dans le combat contre les rebelles talibans (information tirée des documents publiés par WikiLeaks).</p>
<p>Les documents rendus publiques par WikiLeaks montrent que le Pakistan, allié reconnu des États-Unis, permet à de hauts représentants de l&#8217;ISI de rencontrer les talibans lors de réunions stratégiques pour organiser les réseaux de rebelles combattant contre les forces américaines et même pour aider à l&#8217;assassinat de leaders afghans.</p>
<p>Nombre de ces informations ne peuvent être vérifiées et viennent probablement de sources afghanes qui considèrent le Pakistan comme un ennemi. Certaines attaques sont décrites alors qu&#8217;elles n&#8217;apparaissent pas comme avoir eu lieu. Cependant, beaucoup de ces rapports viennent de sources que l&#8217;armée américaine juge elle-même comme étant des sources fiables.</p>
<p>Les rapports suggèrent que l&#8217;armée pakistanaise joue un double jeu : l&#8217;ISI répond à certaines demandes de coopération de la part des américains tout en essayant d&#8217;étendre son influence en Afghanistan en aidant les réseaux d&#8217;insurgés à combattre les américains.</p>
<p>Plusieurs membres du congrès américain prétendent que malgré des demandes répétées au fil des ans pour avoir des informations à propos de l&#8217;aide du Pakistan aux insurgés, ils se sont vus répondre par de vagues et non concluants briefings de la part du Pentagone et de la CIA.</p>
<p>De telles accusations sont habituellement vigoureusement démenties par l&#8217;armée pakistanaise. Un porte-parole de l&#8217;ISI a annoncé dimanche qu&#8217;il n&#8217;y aurait pas de commentaire tant que les documents ne seront pas étudiés. L&#8217;ambassadeur pakistanais aux États-Unis, Husain Haqqani, a dit que &laquo;&nbsp;les documents publiés par WikiLeaks ne reflètent pas la réalité actuelle sur le terrain&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Les officiels américains ont rarement publié des preuves sur des liens directs entre l&#8217;ISI et des attaques majeures. Mais en juillet 2008, Stephen R. Kappes de la CIA, confronta les officiels pakistanais à des preuves montrant que l&#8217;ISI a participé à l&#8217;attaque suicide meurtrière contre l&#8217;ambassade indienne à Kaboul.</p>
<p>Un des rapports publiés par WikiLeaks montre que les services secrets polonais avaient averti d&#8217;une attaque majeure contre l&#8217;ambassade indienne une semaine avant l&#8217;attentat. L&#8217;ISI n&#8217;était pas nommé dans ce rapport.</p>
<p>Un autre rapport daté d&#8217;août 2008 identifie un colonel de l&#8217;ISI en contact avec un haut responsable taliban pour l&#8217;assassinat du président afghan Hamid Karzai. Le rapport dit qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;informations à propos de la date et des moyens mis en œuvre.</p>
<p>Le lieutenant général Hamid Gul dirigea l&#8217;ISI entre 1987 et 1989, une période durant laquelle les services secrets pakistanais et la CIA joignaient leurs forces pour aider les rebelles afghans qui combattaient l&#8217;armée soviétique en Afghanistan. Après l&#8217;arrêt des combats, il conserva tous ses contacts qui sont probablement devenus talibans.</p>
<p>Plus de 20 ans plus tard, il apparait que le général Gul est toujours en activité. Les documents indiquent qu&#8217;il a travaillé sans relâche pour réactiver ses anciens réseaux, employant des hommes comme Jaluluddin Haqqani et Gulbuddin Hekmatyar dont les réseaux de milliers de combattants sont responsables de nombreuses vagues de violence en Afghanistan.</p>
<p>Le général GUL est mentionné tellement de fois dans les rapports qu&#8217;il est impensable que l&#8217;ISI et l&#8217;armée pakistanaise actuelle ne puissent pas être au courant d&#8217;au moins quelques unes de ses activités.</p>
<p>Par exemple, un des rapport explique que Gul rencontra un groupe de militants à Wana, la capitale du Sud Waziristan en janvier 2009. Là-bas, il rencontra trois commandants insurgés afghans et trois arabes présentés comme des responsables d&#8217;Al Qaeda de par &laquo;&nbsp;l&#8217;important contingent de sécurité qui était avec eux&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La rencontre est présentée comme une mise au point pour venger la mort de &laquo;&nbsp;Zamarai&nbsp;&raquo;, nom de guerre de Osama al-Kini qui a été tué quelques jours auparavant par une attaque de drone menée par la CIA. Mr. Kini a dirigé des opérations d&#8217;Al Quaeda au Pakistan et a supervisé plusieurs des plus meurtrières attaques dans ce pays.</p>
<p>Plusieurs rapports décrivent comment d&#8217;actuels dirigeants de l&#8217;ISI, y compris le général Gul, visitent les madrasas près de la ville de Peshawar pour recruter des kamikazes, pour organiser  des  réseaux de combattants contre les troupes américaines ou pour  préparer  l’assassinat de leaders afghans.</p>
<p style="text-align: right;">Pour plus de détails et de compléments, lire l&#8217;article du New York Times.</p>
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		<item>
		<title>WikiLeaks : le bourbier afghan</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 17:37:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant de lire l&#8217;article, pour en savoir plus à propos du site WikiLeaks, voir les articles précédents. WikiLeaks vient de publier 90000 documents militaires à propos de l&#8217;occupation américaine en Afghanistan révélant ainsi le fiasco total qui s&#8217;y produit&#8230; 90 &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/07/26/wikileaks-le-bourbier-afghan/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de lire l&#8217;article, pour en savoir plus à propos du site WikiLeaks, voir <a href="http://www.ange-noir.fr/tag/wikileaks/">les articles précédents</a>.</p>
<p>WikiLeaks vient de publier 90000 documents militaires à propos de l&#8217;occupation américaine en Afghanistan révélant ainsi le fiasco total qui s&#8217;y produit&#8230; 90 000 rapports de militaires américains  qui, au jour le jour, racontent la corruption des forces  afghanes, le massacre de civils… ou les  intrigues des services secrets pakistanais.</p>
<p>Pour se couvrir des foudres du Pentagone,  furieux de cette fuite majeure, Wikileaks a permis à trois journaux, de  trois pays différents, l<em>e <a href="http://www.nytimes.com/2010/07/26/world/asia/26warlogs.html?pagewanted=all" target="_blank">New York Times</a><a>,</a></em> le <em><a href="http://www.guardian.co.uk/world/2010/jul/25/afghanistan-war-logs-military-leaks" target="_blank">Guardian</a></em> et le <a href="http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,708314,00.html" target="_blank">Spiegel</a> d’analyser ces documents et de les publier au même moment.</p>
<p>D&#8217;après le <em>New York Times</em>, après plusieurs semaines pour éplucher cette masse de rapports, il  en ressort que les 300 milliards de dollars dépensés depuis 2001 par  les Etats-Unis ont été plus que vains : les talibans sont plus forts  aujourd’hui qu’avant 2001. Ils sont par exemple armés de missiles Stinger leur  permettant d’abattre des avions, ce que les autorités américaines  avaient jusqu’à présent tenté d’occulter.</p>
<p>Pris un par un,  ils seraient parfois presque amusants, comme <a href="http://www.ange-noir.fr/wp-content/uploads/2010/07/rapport-CIA-Afghanistan.txt" target="_blank">ce contrôle routier </a>dans  la province de Paktia en mars 2008, quand un inspecteur américain s’est  mis dans la tête de faire le ménage parmi la police afghane. Il a fait  arrêter sept policiers afghans qui réclamaient des pots de vin aux  chauffeurs pour franchir leur poste de contrôle. Aveux et témoignages  accablants sont soigneusement consignés par écrit. Deux jours plus tard,  lorsque l’officier américain s’enquiert de l’avancement de l’enquête…  il apprend que l’affaire est déjà classée : les témoignages se sont  miraculeusement perdus en remontant aux étages supérieurs de la police  afghane&#8230;</p>
<p>Mis bout à bout, tous ces témoignages  suggèrent pourtant que les Etats-Unis sont bien en train de perdre cette  guerre, et notamment du fait du « double jeu » de leur « allié »  pakistanais. Plusieurs documents rapportent comment des agents actuels  ou « retraités » de l’ISI (les services secrets pakistanais), comme le  fameux général Gul, visitent des madrasas dans la région de Peshawar  pour recruter des kamikazes, rencontrent les talibans pour organiser des  réseaux de combattants contre les troupes américaines ou pour préparer  l’assassinat de leaders afghans (<a href="http://www.ange-noir.fr/2010/07/26/lisi-pilier-de-linsurrection-afghane/">plus de détails ici</a>).</p>
<p>La Maison Blanche, loin encore de vouloir se rendre à ces évidences, <a href="http://www.politico.com/news/stories/0710/40204.html" target="_blank">dénonce</a> des <em>« fuites irresponsables »</em> qui «<em> pourraient mettre en péril la vie d’Américains et de nos alliés, et menacer notre sécurité nationale ».</em></p>
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		<title>La guerre contre les informateurs s&#8217;intensifie</title>
		<link>http://www.ange-noir.fr/2010/05/30/la-guerre-contre-les-informateurs-sintensifie/</link>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 22:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CIA]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[La guerre de l&#8217;administration Obama contre les informateurs &#8211; qui est un des points importants pour comprendre ce qui se passe réellement aux États-Unis &#8211; continue de s&#8217;intensifier. Le mois dernier, le département de la justice américain a annoncé qu&#8217;il &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/05/30/la-guerre-contre-les-informateurs-sintensifie/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/articles/barack-obama.jpg" title="AP Photo/Charles Dharapak" class="shutterset_singlepic22" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/cache/22__320x240_barack-obama.jpg" alt="barack-obama" title="barack-obama" />
</a>
La guerre de l&#8217;administration Obama contre les informateurs &#8211; qui est un des points importants pour comprendre ce qui se passe réellement aux États-Unis &#8211; continue de s&#8217;intensifier. Le mois dernier, le département de la justice américain a annoncé qu&#8217;il avait obtenu une mise en accusation contre Thomas Drake appartenant à la NSA qui avait dénoncé d&#8217;importants gaspillages d&#8217;argent éventuellement illégaux. Ensuite, le département de la justice a renouvelé une demande de l&#8217;ère Bush à Jim Risen du New York Times demandant l&#8217;identité de sa source qui révéla une extrême maladresse dans un effort dommageable de la CIA pour infiltrer le programme nucléaire iranien. Maintenant, comme le rapporte Josh Gerstein, un linguiste du FBI qui dénonça ce qui lui semblait être des actions contrevenantes à la loi est sur le point de recevoir une peine de prison qui &laquo;&nbsp;deviendrait la plus longue peine de prison décidée contre un employé du gouvernement accusé d&#8217;avoir transmis des éléments relevant de la sécurité nationale aux médias&nbsp;&raquo;. Comme Josh Gerstein l&#8217;explique :</p>
<blockquote><p>Cela reflète un étonnant développement : le département de la justice du président Obama s&#8217;est positionné sur la ligne dure contre les informateurs, et le président Obama a lui-même exprimé sa colère à propos des divulgations de délibérations relevant de la sécurité nationale dans la presse.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ils courent après eux à chaque opportunité et avec une énergie jamais vue&nbsp;&raquo; rapporte Steven Aftergood de la Fédération des Scientifiques Américains.</p></blockquote>
<p>Certains experts avancent que le gouvernement et le département de la justice peuvent ainsi essayer de calmer la communauté du renseignement après la colère née de la publication du rapport sur l&#8217;utilisation de la torture durant les interrogatoires et la réouverture d&#8217;enquêtes contre des membres de la CIA. D&#8217;autres disent que les services de renseignement sont terrifiés par des sites comme <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/05/18/wikileaks-le-site-qui-fait-trembler-la-cia/">WikiLeaks</a>, site sur lequel des informations classifiées peuvent être postées sans aucune chance pour les autorités de protester et de cacher des détails qui pourraient porter atteinte aux efforts des forces américaines.</p>
<p>Notablement et sans surprise, on peut citer le néo-conservateur Gabriel Schoenfeld &#8211; qui a passé des années à demander à ce que le ministère de la justice de Bush poursuive pénalement les informateurs et même les journalistes responsables de telles histoires comme avec la révélation sur la NSA dans le New York Times et qui a ensuite écrit un livre en faveur d&#8217;une plus stricte préservation du secret dans les gouvernements -  qui n&#8217;arrête pas de louer l&#8217;actuel ministère de la justice d&#8217;Obama :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Je pense que c&#8217;est remarquable&nbsp;&raquo;, dit Gabriel Schoenfeld, &laquo;&nbsp;C&#8217;est le gouvernement qui arriva en promettant le maximum de transparence. Colmater les fuites n&#8217;est traditionnellement pas associé à de l&#8217;ouverture&#8230; Si Thomas Drake est condamné à la prison, Obama sera le premier président à envoyer deux informateurs en prison durant son mandat. Cela n&#8217;est jamais arrivé jusque là&#8230;&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Ce n&#8217;est pas difficile de comprendre cette position d&#8217;Obama contre les fuites. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir la première page du New York Times du 25 mai qui relate un ordre secret émanant du général David Petraeus ordonnant de vastes opérations des forces spéciales dans plusieurs pays du Moyen-Orient incluant des &laquo;&nbsp;alliés&nbsp;&raquo; tels que l&#8217;Arabie Saoudite et le Yémen et des &laquo;&nbsp;ennemis&nbsp;&raquo; tels que l&#8217;Iran et la Syrie. Pour les experts sur l&#8217;Iran Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett cela constitue &laquo;&nbsp;une intensification de la guerre secrète américaine contre l&#8217;Iran&nbsp;&raquo;. C&#8217;est de la même manière que l&#8217;on a eu connaissance d&#8217;une guerre du renseignement au Yémen (sans parler de celle au Pakistan). La majorité de ce que fait le gouvernement américain et qui a une réelle signification est ce qu&#8217;il fait dans l&#8217;ombre. Les informateurs sont l&#8217;un des derniers moyens d&#8217;être tenus au courant de ces activités secrètes. Et les politiciens qui sont avides de préserver leur pouvoir et leur possibilité d&#8217;agir dans l&#8217;ombre &#8211; tel que Barack Obama -  voient les informateurs comme leurs ennemis numéro un.</p>
<p>Donc nous avons une série de poursuites agressives de la part de l&#8217;administration Obama sur des fuites à propos d&#8217;abus et d&#8217;actes illégaux perpétrés durant l&#8217;ère Bush -  actions qui violent de manière flagrante le décret &laquo;&nbsp;Look Forward, Not Backward&nbsp;&raquo; d&#8217;Obama utilisé pour protéger des criminels haut-responsables de l&#8217;administration Bush. Comme l&#8217;a suggéré John Cole, peut-être que si ces informateurs avaient torturé quelques personnes et en avaient espionné illégalement quelques autres, ils auraient reçus l&#8217;immunité qu&#8217;Obama a si magnanimement et sélectivement accordé. Au lieu de ça, ils ont tout simplement révélé des secrets gouvernementaux à propos de corruption et d&#8217;actions illégales à travers le monde et doivent ainsi être punis.</p>
<p>Alors qu&#8217;il est vrai que ces fuites peuvent être dommageables et illégales, ces poursuites sont menées sans aucune preuve d&#8217;une quelconque répercussion sur la sécurité nationale et les fuites montrent largement qu&#8217;elles sont faîtes dans le but de mettre à jour des comportements scandaleux de haut-responsables. Certains secrets sont légitimes, mais la balance pèse tellement en faveur du secret absolu qu&#8217;il est extraordinaire de voir l&#8217;administration Obama pousser plus loin la lutte contre les informateurs que ce qu&#8217;a pu faire l&#8217;administration Bush.</p>
<p>Ce qui fait que ces toujours plus nombreuses actions contre les informateurs sont notables est qu&#8217;Obama, durant sa carrière au Sénat et sa campagne présidentielle, simula un sérieux soutien pour les informateurs. Aujourd&#8217;hui, Jesselyn Raddack, une informatrice au sein du ministère de la justice durant l&#8217;administration Bush, ajoute : &laquo;&nbsp;Bush harcelait impitoyablement les informateurs alors qu&#8217;Obama les poursuit et les condamne à la prison&nbsp;&raquo;.  A noter que durant la campagne présidentielle, Obama avait fait l&#8217;engagement suivant :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Protéger les informateurs : souvent la meilleure source d&#8217;information à propos des gaspillages, fraudes, et abus dans les gouvernements est un employé intègre de ce gouvernement qui parle librement. De tels actes de courage et de patriotisme, qui peuvent parfois sauver des vies et de l&#8217;argent des contribuables, devraient être encouragés plutôt que réprimés.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Tout cela montre que les informateurs auraient du être protégés plutôt que poursuivis sous l&#8217;administration Obama. Comme le Post le résume : &laquo;&nbsp;il y a une foule d&#8217;éléments qui font croire aux informateurs que leur futur sera meilleur que leur passé.&nbsp;&raquo; Il semble maintenant qu&#8217;ils sont désabusés dans de telles attentes. Si l&#8217;on porte un regard historique sur la suite des évènements, il semblerait que le travail des républicains est de faire passer des lois augmentant le pouvoir de l&#8217;état tandis que le travail des démocrates est de consolider et systématiser ces lois. Loin de décrier les supposés &laquo;&nbsp;excès&nbsp;&raquo; de l&#8217;administration Bush, le gouvernement d&#8217;Obama a relevé &#8211; avec réussite &#8211; ces &laquo;&nbsp;excès&nbsp;&raquo; pour les fortifier et les codifier.</p>
<ul>
<li>D&#8217;après l&#8217;article &laquo;&nbsp;<a href="http://www.salon.com/news/opinion/glenn_greenwald/2010/05/25/whistleblowers/" target="_blank">War on whistle-blowers intensifies</a>&nbsp;&raquo; de Glenn Greenwald, auteur de plusieurs best-sellers principalement sur le gouvernement Bush : How Would a Patriot Act ?, A Tragic Legacy et plus récemment Great American Hypocrites.</li>
</ul>
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		<item>
		<title>WikiLeaks : le site qui fait trembler la CIA</title>
		<link>http://www.ange-noir.fr/2010/05/18/wikileaks-le-site-qui-fait-trembler-la-cia/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 20:42:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Villard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[CIA]]></category>
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		<category><![CDATA[Irak]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans une précédente news, je vous parlais déjà du site WikiLeaks qui avait publié une liste impressionnante de messages échangés par bipeurs le jour de l&#8217;attentat du 11 septembre 2001. Bon et bien je pense qu&#8217;il est nécessaire de parler &#8230; <a href="http://www.ange-noir.fr/2010/05/18/wikileaks-le-site-qui-fait-trembler-la-cia/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/articles/wl_hour_glass_small.jpg" title="" class="shutterset_singlepic7" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ange-noir.fr/wp-content/gallery/cache/7__222x512_wl_hour_glass_small.jpg" alt="wl_hour_glass_small" title="wl_hour_glass_small" />
</a>
Dans <a href="http://www.ange-noir.fr/2009/11/29/le-1109-vu-par-des-bipeurs/">une précédente news</a>, je vous parlais déjà du site <a href="http://wikileaks.org/" target="_blank">WikiLeaks</a> qui avait publié une liste impressionnante de messages échangés par bipeurs le jour de l&#8217;attentat du 11 septembre 2001. Bon et bien je pense qu&#8217;il est nécessaire de parler un peu plus de cette précieuse source de renseignements.</p>
<p>Pour balancer du très lourd, de nos jours, ce n&#8217;est pas forcément évident de garder l&#8217;anonymat. A moins de s&#8217;y connaitre sérieusement, Internet est loin de garantir cette confidentialité. C&#8217;est là qu&#8217;intervient WikiLeaks à propos, principalement, de sujets sensibles concernant le gouvernement américain. <a href="http://wikileaks.org/" target="_blank">WikiLeaks</a> est une plateforme gratuite  créée fin 2006 et responsable, entre autres, <a href="http://www.collateralmurder.com/" target="_blank">d’une  révélation</a> qui a bien embarrassé l’oncle Sam en avril : une vidéo  montrant des soldats américains mitraillant des civils irakiens, dont  deux employés de Reuters.</p>
<p>WikiLeaks est devenu, en quelques années et bien  plus de faits d’armes, un refuge solide pour tous les lanceurs d’alerte bien informés. Pour qui souhaiterait faire une  proposition, passage obligé par une <a href="https://secure.wikileaks.org/" target="_blank">page  sécurisée</a> du site, similaire à celles pour payer en ligne. Avant de  proposer un document, l’internaute est prévenu : <em>« WikiLeaks  accepte les documents classifiés, censurés ou confidentiels, de nature  politique, diplomatique ou éthique. Les rumeurs, opinions et documents  déjà accessibles publiquement seront refusés. »</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>“WikiLeaks has probably produced more  scoops in its short life<br />
than the Washington Post has in the past 30  years”<br />
—  The National, November 19, 2009</strong></p>
<p>Avec un tel nom, il ne serait pas idiot de penser que le site fonctionne comme l’encyclopédie Wikipédia au niveau de la politique éditoriale. Sauf que non, WikiLeaks  met un point d’honneur à vérifier, souvent longuement, la véracité des  données proposées. Cinq personnes travaillent à plein temps pour le  site, et 800 autres de manière bénévole et intermittente, à en croire  Julian Assange, porte-parole du site.</p>
<p>L’affaire de la bavure américaine filmée est arrivée à  point nommé vu la santé financière de l’organisation. WikiLeaks a ainsi  alerté l’opinion sur la précarité de son existence. Le budget annuel  avoisine les 200 000 dollars (161 500 euros), mais 600 000 seraient  nécessaires pour payer enfin les petites mains bénévoles. Suite à la  vidéo choc irakienne, le site a collecté 150 000 dollars (121  000 euros), et a depuis rouvert en attendant sa future version. Elle  permettra aux sources de proposer à un média l’exclusivité de son  information pendant une période donnée. <span style="text-decoration: underline;">Je vous invite à envisager l&#8217;idée de faire un don à ce site en vous rendant <a href="http://wikileaks.org/#Change_you_can_believe_in" target="_blank">ici</a></span>.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>“Anyone who cares about freedom of  expression should dig deep. (&#8230;)<br />
If you want to read the exposes  of the future, it&#8217;s time to chip in.”<br />
—  The Guardian, January 29, 2010</strong></p>
<p>Ce qui fait défaut à WikiLeaks, c’est la nature même  des documents : parfois peu accessibles au commun des mortels et longs à  déchiffrer, ils ne rencontrent le succès que grâce à une exposition  médiatique conséquente. Or, une fois ceux-ci consultables par tous, les  médias rechignent à se pencher sur des rapports obscurs de 200 pages,  d’où cette option prochaine d’exclusivité avec les journalistes  d’investigation. Cette défense du journalisme s’exprime aussi dans la  participation du site à un ambitieux projet parlementaire islandais, la <a href="http://www.immi.is/?l=en" target="_blank">« Icelandic  Modern Media Initiative »</a> (IMMI).</p>
<p>En juillet 2009, WikiLeaks sort un scoop  embarrassant pour une grosse banque de ce pays meurtri par la crise.  Quelques minutes avant le début de son JT, la chaîne publique RUV est  menacée de sévères poursuites en cas de couverture du sujet et renonce à  l’évoquer, invitant ses téléspectateurs à consulter WikiLeaks. Pour  éviter ce genre de déconvenue, des parlementaires du pays volcanique,  soutenus par le site, ont mis au point une loi inspirée de divers  législations internationales visant à faire de l’Islande <em>« un  paradis de l’information »</em>, en référence aux paradis fiscaux.  Protection des sources accrue, possibilité pour les médias étrangers  d’héberger sur des serveurs informatiques islandais des informations  sensibles ainsi à l’abri de procès ou de censure, etc. Encore en cours  d’examen au Parlement, l’IMMI permettrait à WikiLeaks de ne pas être  inquiété en cas de publication explosive. Le fait que WikiLeaks tende à supporter de manière appuyée ce projet peut laisser à penser que l&#8217;équipe du site a en sa possession quelques documents d&#8217;une portée dangereuse.</p>
<p>En effet, vu la nature des infos de WikiLeaks, les  opposants à pareille transparence ne sont pas difficiles à trouver. Parmi eux, la CIA, qui  écrivait en 2008 dans un rapport : <em>« WikiLeaks  représente une potentielle menace pour l’armée américaine […], ses  informations pourraient être de grande valeur pour les insurgés  étrangers et groupes terroristes planifiant des attaques contre le pays  et ses ressortissants. »</em> Et de s’épancher sur les moyens de  décrédibiliser le site, comme, par exemple, dévoiler ses sources pour  mieux les attaquer en justice. Mission a priori impossible puisque de  tels procès n’ont jamais eu lieu, ainsi que l’a rappelé WikiLeaks en  mars, à l’occasion d’une nouvelle fuite : celle dudit rapport de la CIA (<a href="http://file.wikileaks.org/file/us-intel-wikileaks.pdf" target="_blank">lire le pdf</a>) deux ans après, évidemment.</p>
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